Anna Kuliscioff, égérie du socialisme réformiste italien (1854-1925). : relectures d'un itinéraire complexe.

par Marie-Line Bertrand

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Christine Bard.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Cultures, Echanges (SCE) (Angers) , en partenariat avec Centre de recherches historiques de l'Ouest (UMR CNRS 6258), Laboratoire (laboratoire) depuis le 19-11-2012 .


  • Résumé

    Anna Kuliscioff (1854-1925) n'est pas une figure inconnue, notamment de l'historiographie italienne et des spécialistes du mouvement socialiste international. Egérie du socialisme réformiste italien, elle est depuis sa mort l'objet d'analyses diverses et reste, aujourrd'hui encore, une figure multirevendiquée. La thèse tente de proposer une ou plutôt des relectures de l'itinéraire complexe de cette rebelle russe, née Mikhailovna Rozenstein. A cet effet, elle utilise des sources nouvelles et prend en compte l'ensemble des écrits d'A.K., dont le traduction en français est insérée en annexe (du moins pour les plus importants). Elle introduit également un questionnement autour des identités politiques et des réseaux d'appartenance et de solidarité. Elle mobilise plus généralement une approche de genre, où le privé est politique, où sont analysés les rapports entre féminisme et socialisme, et scrutées les tensions internes au camp socialiste sur la cause des femmes. Une première partie revient sur les années de formation, pour souligner le poids du nihilisme dans la trajectoire politique d'A.K., interroger la place qu'y tient son rapport à la judéité, prendre en compte ses expériences de médecin et de femme, mère célibataire de surcroit. Puis une seconde partie, attentive comme la précédente à la mise au jour de réseaux d'appartenance et de solidarité, explore les itinéraires italiens de la militante, passeuse du marxisme et cofondatrice du parti socialiste italien. Elle analyse notamment les rapports d'A.K., avec le féminisme de son époque et les combats qu'elle a menés pour les femmes à l'intérieur de sa famille politique. Enfin, une troisième partie se penche sur la postérité multiforme d'A.K.

  • Titre traduit

    Anna Kuliscioff, muse of the italian reformist socialism (1854-1925). : new readings of a complex trajectory.


  • Résumé

    Anna Kuliscioff (1854-1925) is no unknown figure, especially to the Italian historiography and the experts on the international socialist movement. Considered as the muse of the Italian reformist socialism, she has been the object of diverse analyses since her death and still remains today a multi-claimed figure. This thesis intends to offer one, or rather, several new readings of the complex path followed by this Russian rebel, born Mikhailovna Rozenstein. In order to do so, it uses new sources and takes into account the whole of A.K.’s writings; the French translation of which is inserted in the appendix (for the most important texts, at least). In addition, the thesis introduces some questioning regarding the political identities and the affiliations and solidarity networks. More generally, it uses a gender approach in which the private is political, the relationships between feminism and socialism are analysed, and the tensions within the socialist camp concerning the women’s cause are scrutinized. The first part recounts A.K.’s training years to highlight the impact that nihilism had on her political trajectory, to question the role that her relationship to Jewishness played in it, as well as to take into consideration the experiences she lived as a doctor and a woman – what is more, as a single mother. Then, equally attentive to the unveiling of affiliations and solidarity networks as the previous one, the second part explores the Italian paths followed by the activist, who was also a relay for Marxism and co-founder of the Italian Socialist Party. It particularly analyses A.K.’s connections to the feminism of her time and the fights that she led for the women within her political family itself. Finally, a third part looks into A.K.’s multiform posterity.