Les récits autobiographiques des militants du Black Power : écriture de soi et politique

par Corine Lebon

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Corinne Duboin.

Thèses en préparation à La Réunion , dans le cadre de École doctorale Lettres et sciences humaines, Droit économie gestion, Sciences politiques (Saint-Denis, La Réunion) , en partenariat avec Dire (laboratoire) depuis le 02-10-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse a pour but d’étudier l’autobiographie, genre fondateur de la littérature afro-américaine. Le corpus inclura des auteurs impliqués dans les mouvements radicaux liés au concept du Black Power des années soixante et soixante-dix, alors même que se développait le mouvement culturel contestataire du Black Art. Il s’agira de comprendre, par le biais d’une étude comparée, comment les auteurs sélectionnés s’approprient un mode d’écriture et s’inscrivent dans une tradition littéraire noire américaine, au sein de laquelle la (re)construction identitaire va de paire avec la conscience noire. En effet, la valeur littéraire de ces récits a souvent été sous-estimée en faveur de leur portée idéologique. Ainsi, au travers de l’étude d’autobiographies de célèbres figures du militantisme noir américain telles qu’ Elaine Brown, A Taste of Power : A Black Woman’s Story (1992), Angela Davis, An Autobiography (1974), Florynce Kennedy, Color Me Flo : My Hard Life and Good Times (1976), Assata Shakur, An Autobiography (1987), ou encore H. Rap Brown, Die Nigger Die : A Political Autobiography (1969), Stokely Carmichael (with Ekwueme Michael Thelwell), Ready for Revolution: The Life and Struggles of Stokely Carmichael (Kwame Ture) (2003), Jamal Joseph, Panther Baby : A Life of Rebellion and Reinvention (2012), Evans D. Hopkins, Life After Life: A Story of Rage and Redemption (2005), Huey P. Newton (with the Assistance of J. Herman Blake), Revolutionary Suicide (1973), Bobby Seale, A Lonely Rage: The Autobiography of Bobby Seale (1978), cette thèse se propose d’examiner les modalités de l’écriture noire et de la représentation de soi dans ces récits. Pour mettre au jour les mécanismes et les stratégies narratives propres à cette littérature engagée et en saisir le sens, mon travail s’appuiera sur les théories littéraires du genre et fera appel aux travaux de spécialistes de l’autobiographie, tels que Philippe Lejeune, ou encore Gérard Genette qui, dans son approche narratologique, explore les relations entre histoire, récit et narration. Cette étude textuelle convoquera également les théoriciens de l’écriture noire dont Henry Gates et Houston Baker. Ceci permettra d’appréhender la manière dont l’autobiographie noire américaine s’inscrit dans le prolongement de la littérature anglo-saxonne dominante tout en intégrant les caractéristiques liées au canon littéraire afro-américain. En outre, de part la présence dans le corpus d’œuvres d’auteurs féminins, un accent particulier sera mis sur le concept du genre (gender). Il conviendra donc d’analyser les points de rencontres et de divergences de textes autobiographiques genrés, à la lumière des travaux des critiques féministes noires, dont bell hooks, Patricia Hill Collins ou Clenora Hudson-Weems. Prenant en compte les concepts de race, de nation, de classe et de genre, il s’agira en substance d’étudier la relation entre création littéraire, esthétique noire et activisme politique. Cela nous amènera ainsi à considérer comment l’art et le politique interagissent et se confondent.


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