Scepticisme savant et sentiment religieux au prisme de la critique de la superstition au XVIIe siècle (Burton, Malebranche, Bayle, Fontenelle)

par Alexandra Willaume-Albertini (Willaume)

Projet de thèse en Langue et Littérature françaises

Sous la direction de Françoise Graziani.

Thèses en préparation à Corte , dans le cadre de Université de Corse (1975-....). Ecole doctorale "Environnement et société" (ED 377) depuis le 13-09-2011 .


  • Résumé

    Le XVIIe siècle est l’étape déterminante d’un changement de perspective qui remplace une vision religieuse du monde (celle fondée sur la cosmogonie biblique), par une vision scientifique difficilement compatible avec la précédente. La pensée analogique et symbolique de la Renaissance s’efface au profit de la représentation mathématique du monde imposée par la Nouvelle Science. Le conflit des deux interprétations du grand livre de la nature a pour corollaire une résurgence des croyances superstitieuses, qui représentent une fuite irrationnelle devant le mystère du monde, et surtout un moyen d’interpréter la vie humaine et de trouver des réponses au questionnement existentiel, voire des moyens d’agir sur le monde à travers la divination et la sorcellerie. Cette crise de la pensée fera le lit du libertinage érudit, du déisme, et à terme de l’athéisme moderne, bien que certains penseurs tentent de concilier la raison et la foi dans le contexte de cette nouvelle cosmologie. Mais l’historiographie moderne analyse la théologie rationnelle comme un échec à la fin du XVIIe siècle. Cette recherche tente de poser le problème autrement que sous l’angle du rationalisme chrétien hérité du passé, ou défini par le cartésianisme. Elle envisage de nouveaux critères pour investir l’opposition entre les sciences et la foi, en s’appuyant sur la critique philosophique de la superstition dont les présupposés ont évolué au XVIIe siècle. En choisissant un corpus d’auteurs européens aux postures religieuses diverses comme le Catholicisme de N. Malebranche (De la recherche de la vérité 1674-75), le Protestantisme de P. Bayle (Pensées diverses sur la comète 1683), l’Anglicanisme de R. Burton (Anatomy of melancholy 1621), et le probable déisme de B. de Fontenelle (Histoire des oracles 1687), nous constatons que les modes de jugement se modifient et mettent à nu une nouvelle théologie naturelle qui montre la persistance d’un sentiment religieux redéfini à travers un nouveau scepticisme chrétien perspectiviste.

  • Titre traduit

    Learned scepticism and religious feeling from the perspective of the criticism of superstition in 17th century (Burton, Malebranche, Bayle, Fontenelle)


  • Résumé

    The Seventeenth century is a crucial turning point in the historical process that leads to substitute a religious vision of the world (based on the biblical cosmogony) with a new scientific worldview. A form of thought based on analogy and symbolism at the Renaissance is progressively dismissed, while the new science imposes a mathematical representation of the world. The conflict between these two interpretations of the « book of nature » entails a renewal of superstitious beliefs. These beliefs can be read not only as irrational attempts to deals with the mystery of the world and the human life, but more importantly as ways of seeking for answers to existential questions. This includes the quest for alternatives ways to operate on the world through divination and witchcraft. This crisis of rational thought causes the erudite libertinism, deism and in the end modern atheism, although some philosophers try to reconcile reason and faith in the new cosmology context. But modern historiography analyses it as the downfall of rational theology at the end of the 17th century. This dissertation approaches this issue by looking for an alternative to the Christian rationalism inherited from the past or defined by Cartesian standards. It outlines new criteria to understand the clash between science and faith by relying on the philosophical criticism of superstition, which presuppositions change all century long. We Selected a corpus of European thinkers with different religious positions as the Catholicism of N. Malebranche (De la recherche de la vérité 1674-75), the Protestantism of P. Bayle (Pensées diverses sur la comète 1683), the Anglicanism of R. Burton (Anatomy of melancholy 1621), and the probable deism of B. de Fontenelle (Histoire des oracles 1687) and we can remark that the analysis point out a new natural theology. As a result, it uncovers the persistence of a religious feeling redefined by a new Christian and effective scepticism.