Les fortifications et la défense des cités de Chalcidique de l’époque archaïque à la conquête macédonienne.

par Tewfik Terki

Projet de thèse en Histoire et archéologie

Sous la direction de Claire Balandier.

Thèses en préparation à Avignon , dans le cadre de École doctorale 537 « Culture et patrimoine » (Avignon) depuis le 29-09-2015 .


  • Résumé

    Les études sur le phénomène guerrier ou plus généralement la guerre, bien que posant encore quelques interrogations, sont bien plus nombreuses que celles sur le phénomène défensif. Qualifiées de « parent pauvre » de l'Histoire antique grecque, les systèmes défensifs et les fortifications, bien souvent réduits à quelques assises et pourtant partie intégrante du paysage actuel, ont été mésestimées quant à leur valeur scientifique. Les premiers voyageurs avaient bien repéré les ruines austères d'enceintes, de fortins... Et certains les mentionnèrent dans des géographies historiques mais peu les observèrent réellement. Les historiens qui s'essayèrent à les analyser manquaient de datations stratigraphiques fautes de vraies fouilles archéologiques. Les sources écrites sont trop peu loquaces concernant le sujet et ne renseignent majoritairement que sur des événements survenus (construction, siège, réfection, destruction...). Pourtant, du Néolithique grec à la période romaine, l'érection de tours, enceintes et autres ouvrages militaires témoignent, replacés dans les réseaux auxquels ils appartiennent, d'une suite d’événements au sein d'une société. Les techniques de mise en œuvre, les tracés, les espaces protégés par elles sont les reflets des transformations sociales à différentes échelles. Et tout au long de son histoire, la Grèce antique a vu ses fortifications croître, se perfectionner et être diffusées au rythme des agressions et des avancées techniques. La Chalcidique est une région qui, ouverte sur la mer Egée, revêt une importance stratégique indéniable. Sa position fait qu’elle a été convoitée et donc l’objet de désaccords, voire d’affrontements. De plus, elle n’échappe pas aux phénomènes sociaux et démographiques du monde grec, ni à ses conflits, ses problèmes politiques… De la période archaïque à la conquête romaine, le contrôle du territoire (et sa défense) est une des préoccupations principales des cités grecques. Les moyens de prendre le contrôle d’un territoire et d’en assurer sa défense, notamment par la construction d’ouvrages fortifiés, ont même fait l’objet de débats politiques et de discussions de la part des philosophes à Athènes. De ce constat il apparaît clairement que les systèmes de défense mis en place par une société reflètent en partie celle-ci et, depuis les années 1970, les fortifications sont vraiment considérées comme « un fait de civilisation » qui intéressent les historiens et les archéologues au même titre que les temples ou les lieux d’expression politique. En effet, les fortifications témoignent de la conception que les Grecs se faisaient non seulement de la défense de leur cité, mais aussi de leur territoire, sur lequel ils étaient implantés depuis des siècles. D’ailleurs, de nombreux auteurs ont corrélé des changements sociétaux et des changements dans les modes de défense de ces sociétés. Dès lors, les fortifications -objet principal de mon étude- deviennent fait civilisationnel et peuvent révéler des informations qui font encore défaut à la recherche. Aujourd’hui, l’étude des politiques de contrôle et de défense des territoires des cités grecques s’est beaucoup développée et cette approche est devenue régionale comme en témoignent les thèses sur les fortifications et la défense de Phocide, de Carie, de Chypre, soutenues dans les années 1990 ou, plus récemment, de Crète, d’Erétrie ou en Syrie lagide. La nécessité de cette approche régionale a été également soulignée par le colloque Focus Fortification tenu à Athènes en décembre 2012 et dont les actes viennent de paraître. Ainsi, après qu’une série de recherches doctorales aient été conduites, ces dernières années, sur l’organisation défensive de la Béotie, de la Messénie et de la Laconie ou de la Thessalie (thèse en cours), il devenait nécessaire de s’intéresser à la Chalcidique qui apparaît comme un laboratoire d’étude privilégié pour qui veut aborder les différentes problématiques liées aux fortifications, composantes primordiales d’une Polis, phénomène apparaissant en Grèce au cours de la période archaïque, après sa naissance en Asie Mineure et en Grande Grèce.


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