Géohistoire comparée de la construction des territoires fluviaux en Europe du Nord-Ouest et en Amérique du Nord : la vallée de l'Escaut du Cambrésis à Tournai (12e-21e siècles) et la vallée du Saint-Laurent de Montréal à Quebec (16e-21e siècles)

par Laetitia Deudon

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Corinne Beck.


  • Résumé

    L’étude diachronique des paysages fluviaux nord-américains et européens rend compte d’une géohistoire en partie commune caractérisée par des grandes phases de mutation, des grands "temps de l'eau" visibles à l’échelle occidentale. L’objectif de cette thèse en géohistoire environnementale comparée, réalisée en cotutelle à l'Université de Valenciennes (Calhiste EA 4343) et à l'Université de Montréal, est de restituer, à travers l’étude de la vallée de l’Escaut en France-Belgique et des affluents de la vallée du Saint-Laurent au Québec, les principales étapes de construction et de transformation territoires de rivière sur le temps long en Europe du Nord-Ouest et en Amérique du Nord afin de restituer leurs trajectoires paysagères sur la longue durée et dégager leur spécificités et de comprendre l'évolution des interactions entre les sociétés et leur environnement fluvial. L’étude de la transformation des hydrosystèmes fluviaux est ainsi permise par l'examen des aménagements hydrauliques, des modifications de tracés (redressement, endiguement), de travaux assèchement des marais et terres d'eau situées en plaine alluviale à travaux la mise en place d'une micro-hydraulique complexe (réseaux de canaux et fossés), des métiers du bord de l'eau, de l'industrialisation progressives des vallées et la disparition des rivières dans le paysage jusqu'au projets de requalification actuels des cours d'eau. Ces grandes étapes de transformation sont toutefois marquées par des temporalités et des spatialités propres à chaque ensemble qui résultent d'une géographie et de logiques de peuplement divergentes et d’une construction territoriale différentielle. Tandis qu’en Europe du Nord-Ouest, les processus d’anthropisation, territorialisation et d’artificialisation progressive du paysage fluvial interviennent de façon échelonnée, à partir notamment de l’époque médiévale puis, de manière plus accentuée, aux époques moderne et contemporaine, ceux de l’Amérique du Nord ont lieu sur un laps de temps plus court, condensé sur 4 siècles, amorcés à partir de la colonisation européenne et marqués par une accélération des processus de transformation aux 19e et 20e siècles, parallèlement à l’industrialisation et à l’urbanisation. Aujourd’hui, cette géohistoire fluviale nord-américaine et européenne tend de plus en plus à converger par les différents projets de réhabilitation et de restauration des cours d’eau à des fins touristiques, récréatives, écologiques et patrimoniales, enjeux au coeur des réflexions actuelles de part et d’autre de l’Atlantique.

  • Titre traduit

    Comparative geohistory of the construction of river territories in North-Western Europe and in North America : the case-study of the Scheldt Valley form Cambrai to Tournai (12th-21th centuries) and of the St. Lawrence Valley from Montreal to Quebec (16th-21th centuries)


  • Résumé

    The diachronic study of the North American and European riverscapes reflects a partly common geohistory, characterized by major phases of mutation called " Times of water" visible at the western scale. The objective of this thesis crossing the fields of environmental history, comparative history and geohistory, in joint-supervision between the University of Valenciennes (Calhiste EA 4343) and the University of Montreal, is to unterstand, through the study of the valley of the Scheldt in France-Belgium and the tributaries of the St. Lawrence Valley in Quebec, the main stages of the construction and transformation of river territories over long time in Northwest Europe and North America in order to restore their trajectories Landscapes over the long term and identify their specificities and understand the evolution of the interactions between societies and their river environment. The study of the transformation of fluvial hydrosystems is thus made possible by the examination of waterworks, modifications of riverbeds (rehabilitation, containment), drainage works of the marshes and the water lands situated in the alluvial plain In place A complex micro-hydraulic system (networks of canals and ditches), waterfront trades, progressive industrialization of each valleys and the disappearance of rivers in the landscape by current requalification projects of the courses These major stages of transformation are marked by temporalities and spatial specificities specific to each set which constitute a divergent geography and logic of population and a differential territorial construction. Whereas in North-West Europe the processes of anthropization, territorialization and progressive artificialization of the river landscape intervene in a phased manner, from the medieval period to a more accentuated period in modern and contemporary times , Those of North America take place on a shorter turn of time, condensed over 4 centuries, initiated from European colonization and marked by an acceleration of the process of transformation in the 19th and 20th centuries, parallel to industrialization And urbanization. Today, this North American and European fluvial geophysics tends increasingly to converge by the various projects of rehabilitation and restoration of rivers for tourist, recreational, ecological and patrimonial purposes, stakes at the heart of current reflections From both sides of the Atlantic.