Défaire le sens de l'histoire : archéologie et Déconstruction

par Amaury Delvaux

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Philippe Sabot et de Sébastien Laoureux.

Thèses en préparation à Lille en cotutelle avec l'Université de Namur , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 01-12-2015 .


  • Résumé

    Cette thèse prend pour objet et point de départ le débat entre Michel Foucault et Jacques Derrida afin de proposer une vision originale des rapports entre leurs réflexions respectives durant les années 60. Notre travail cherche à montrer de quelle manière l’archéologie et la déconstruction partagent sur le « concept » d’histoire un important nombre de points d’accord. Il commence par relever que l’objet principal de la querelle Foucault – Derrida est moins la fonction de la folie dans l’économie du discours cartésien que l’essence de l’histoire. À travers les œuvres de Foucault et de Derrida publiées durant les années 60, on a tenté d’établir la discussion implicite mais soutenue de ces deux auteurs autour de la conception de l’histoire. Dans un premier temps, nous avons tenté d’établir le concept d’histoire avec lequel Derrida abordait l’Histoire de la folie de Foucault. Par ailleurs, nous avons tenté de mettre en exergue la manière dont l’ouvrage Les mots et les choses proposait implicitement une réponse de taille à la lecture derridienne de la première méditation et permettait d’en pointer le caractère anachronique. Dans un second temps, on traite de la manière dont Foucault a cherché à s’opposer à cette histoire continue défendue par la tradition hégélienne et husserlienne. Pour ce faire, nous avons étudié en profondeur l’analyse de l’énoncé et des formations discursives qui soutient l’histoire discontinue. Dans un troisième temps, nous avons mis en exergue comment Derrida s’attaque également au cœur de cette histoire continue qu’il opposait pourtant à l’archéologie foucaldienne. En conclusion, nous suggérons que Derrida aurait pu trouver en l’archéologie foucaldienne un « concept » d’histoire qui ne reconduit pas la métaphysique de la présence qu’il s’évertue de déconstruire à la fin de l’année 1964.

  • Titre traduit

    Undoing the meaning of history : archaeology and Deconstruction


  • Résumé

    This thesis is about the famous debate between Michel Foucault and Jacques Derrida. The aim is to propose a new vision of the relation between their respective thoughts during the 1960s. More precisely, our analysis tries to build a discussion between Foucault and Derrida by focusing on the problem of (the) History in their own works. Actually, the real subject of their debate is less the function of madness in the Cartesian discourse than the essence of history. Through the works of Foucault and Derrida published during the 1960s, an implicit but persistent discussion between the two authors about the problem of history can be built. Firstly, our text attempts to establish the conception of history mobilised by Derrida in his reading of Foucault’s book Madness and Civilization. Furthermore, it underlines the way The Order of Things suggests a solid response to the Derridean interpretation of Descartes’s first meditation and reveals its anachronistic aspect. Secondly, it addresses the fashion which Foucault wishes to distance himself from for the continuous history sustained by the Hegelian and Husserlian tradition. In order to do this, it was absolutely necessary to understand correctly the discourse’s analyses that underpin the discontinuous history. Thirdly, our text highlights how Derrida dismantles the core of the continuous history which he mobilises against the Foucauldian archaeology. In the conclusion, our text suggests that archaeological history could have been the “concept” of history that the Derridean deconstruction has been searching after 1967.