La fabrique du témoignage : la trilogie rwandaise du journaliste-écrivain Jean Hatzfeld

par Audrey Alves

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Jacques Walter.


  • Résumé

    Jean Hatzfeld a longtemps été journaliste au quotidien Libération avant d’être consacré écrivain à l’occasion de son travail sur le génocide au Rwanda. Considérés comme œuvre de référence en France, assurant une médiation essentielle vers une connaissance sensible de l’événement, les trois livres de l’écrivain-journaliste, adoptent un principe, celui du montage de témoignages recueillis auprès de quelques rescapés et tueurs. La faveur dont jouit La Trilogie rwandaise dans l’opinion publique, témoigne de la réussite d’une forme qui parvient à atteindre un lectorat que manquait pour le même objet, le récit traditionnel de la grande presse. L’élaboration de cette forme hybride, à mi-chemin entre le journalisme et la littérature interroge à plusieurs titres le chercheur quant aux principes de sa production. Le témoignage serait-il de fabrique ? Le dire « fabriqué » revient à faire planer sur lui le soupçon du faux, élaboré par le tiers qui recueille les récits et appose sa marque de fabrique. Objet de fabrique, quels procédures et dispositifs suit le témoignage en train de se faire ? Qui sont les acteurs qui participent et organisent la fabrique de l’œuvre. Cette thèse propose de remonter et démonter les étapes de la construction testimoniale, selon un mouvement ternaire. Le témoignage sera d’abord renvoyé à l’itinéraire, aux intentions et à la poétique du « producteur » qui y préside, aux conditions identitaires, sociales et professionnelles de son exercice. Partant de l’hypothèse qu’une lecture génétique du phénomène testimonial est recevable, l’analyse s’étendra, dans les coulisses de la création, aux avants-textes de La Trilogie où se donnent à voir les stratégies, les dispositifs d’écriture, les enjeux que l’écrivain-journaliste active sans pour autant les signaler dans la forme publiée. En dernier lieu, il sera question de la fabrique en tant qu’instances (éditoriales, médiatiques) où se décide, s’organise, se crée, avec ses acteurs le façonnage publique de l’œuvre testimoniale.


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