Le spirituel dans l’Art Contemporain : Soufisme et nouvelles approches dans l’art contemporain

par Mohamed Amine Hamouda

Projet de thèse en Arts

Sous la direction de Olivier Lussac.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole Doctorale Fernand Braudel depuis le 18-11-2015 .


  • Résumé

    Toute œuvre d’art et quelque soit sa forme et sa manière de représentation, incarne une force intérieure qui pousse son créateur à l’aboutir. Toute œuvre d’art et comme le confirme Kandinsky « est l’enfant de son temps et, bien souvent, la mère de nos sentiments » . Il faut dire que la naissance de l’art avec l’homme primitif, était une réaction face à des forces naturelles inexplicables ; une réaction non seulement illustrative et descriptive de tout ce qui est vécu, mais plutôt une échappatoire pour refouler la crainte des phénomènes extérieures à son monde physique. En effet, l’homme et dès le début peint pour illustrer ses intérêts multiples. Il orchestre ses croyances polythéistes qui deviennent de plus en plus " une religion appropriée". Avec la naissance des religions, l’artisan façonne une présence sacrale qui anime un rituel. L’artiste, par la suite, créa des œuvres religieux dans une tentation de produire " le sacré ". Avec l’évolution de l’homme et sa faculté de la raison et suite aux révolutions artistiques, la question de la spiritualité dans l’art se développe et se diverge selon son contexte historique. Mais ce que nous voulons montrer est le déplacement du « spirituel » du champ des religions vers le champ de l’art et les rapports entre art contemporain dans ses diverses approches et la spiritualité dans ses diverses représentations. En ce sens, notre recherche sera construite par deux grandes parties ; dont la première est l’objet d’un questionnement analytique de la spiritualité dans l’art lors de son évolution chronologique et son entrecroisement avec l’histoire de l’art, d’une part et de l’autre avec l’histoire des religions (le christianisme, l’islam, le bouddhisme…) tout en appuyant sur des motifs artistiques de divers époques et de techniques différentes, pour parvenir à distinguer et à définir les termes religieux et sacrés et enfin à développer « le spirituel » dans l’expérience artistique contemporaine. Ainsi, la question qui se pose par les cursus universitaires, les critiques et les écrits sur l’art se réside dans la manifestation et la présence du spirituel dans l’art. Quel rapport et quelle relation ? Le spirituel n’est-t-il qu’une piste de recherche entamée par les artistes contemporains. Est-il un enjeu artistique qui parvient de plus en plus un objet commun ? Ou au contraire, peut-on penser que l’art est, par essence, spirituel dans sa définition ? Donc, l’acte de la création est –elle un acte spirituel de nature ? Bien évidement, on ne peut répondre que lorsque notre étude met en question la création artistique d’une part et la réception (le spectateur) d’une autre part, l’expérience de la création de l’œuvre spirituelle et sa production et ses modes de représentations la forme et l’expression, et par la suite la réception de cette œuvre de la part du spectateur. La spiritualité se figure-t-elle dans la pensée de celui qui contemple l’œuvre d’art? Chaque question sera une partie subdivisée en plusieurs sous titres concentrés sur des démarches artistiques contemporaines et en liaison avec des approches spirituelles. La spiritualité peut-elle être incarnée dans d’autres domaines artistiques ; qu’ils soient cinématographique, théâtral ou musical ? La deuxième Partie de notre recherche est une analyse décortiquée du phénomène du soufisme en particulier dans l’art contemporain. On essaie penser les questions majeures posées dans la première partie qui consiste à proposer une démarche pratique personnelle, une expérience de production du soufisme qui finit par un contact direct avec le spectateur afin d’étudier sa réaction et son interaction. Cette analyse interroge deux axes qu’on trouve fondamentaux dans l’expérience du soufisme : 1. l’expérience créatrice intime et interne de l’artiste dans son atelier : Ce qu’appelle Kandinsky "la nécessité intérieure" : en s’arrêtant sur les éléments de notre pratique personnelle, qui véhicule les sens, la transcendance, la croyance et toute une culture et se penche sur les liens entre cette pratique et le contexte contemporain dans laquelle elle évolue. Notre choix esthétique creuse à fond dans une démarche expérimentale qui tente à incarner le spirituel dans la matière (les encres, les papiers, le pigment, les poudres…) des matières fournies par le milieu naturel qui ne peuvent porter le sens sans le flair tactile et l’âme qui l’utilisent à bon escient. Le moyen d’expression reflète et traduit "la nécessité intérieure". Les lignes d’écriture se superposent, s’entremêlent jusqu’à former une composition abstraite ; lisible/illisible, ornée par des taches, des points, des traces des gestations mouvementées uniformément, parfois rapides et parfois lentes. Des dessins minutieux, temporels, sensoriels, physiques et mémoriels. Les thématiques, qui s’y déploient, sont inspirés des notions spirituel de l’art islamique mais traitées d’une manière plus abstraite dans une recherche personnelle comme la profondeur, la continuité, l’absolu, le visible, l’invisible, l’illimité,… les concepts seront développés en étudiant les théories des philosophes connus dans la culture musulmane tel que "Ibn ‘Arabi ". L’expérience ne se limite pas aux techniques de l’image, on veut mener, nourrir et envisager, orchestrer une expérience par une exposition que je pense hétérogène. • L’expérience intime et individuelle de la réception (le spectateur) : L’exposition se chargera d’explorer ce qui anime la pensée secrète du récepteur dans ces espaces d’ouvertures. Une ambiance hétérogène : peintures, installation, son (Dhikr soufi), projection vidéo, lumière, fumée..., en jouant sur l’intention profonde et l’exploration de l’attitude, en touchant les sens (l’ouïe, le gout, le toucher, l’odorat et la vue) et arrivant à observer, analyser et interpréter les impressions, les réactions et les comportements des spectateurs envers l’environnement . Est-ce-que toute la foule (les visiteurs de l’exposition) va y avoir la même impression ? Les spectateurs qui viennent des différentes cultures ont la même impression et la même sensation ou cela sera différent ? Les spectateurs de la même culture de l’artiste seront-ils touchés comme les autres ? Et comment les visiteurs consomment-ils cette performance. Nous essayerons une expérience sélective des spectateurs par trois approches : • Spectateurs des cultures différentes que l’artiste. • Spectateurs de la même culture que l’artiste. • Spectateurs de toutes les cultures. Notre objectif consiste à interroger "le sensible" chez le spectateur face au spirituel; cas du soufisme. Et penser les questions suivantes : le spirituel est-il réel ? y-a-t-il lieu d’une spiritualité commune incarnée dans la mémoire collective universelle? Peut-on parler d’une spiritualité universelle ?


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