L'épreuve de la mine, autochtonie et environnement en Nouvelle-Calédonie

par Julien Merlin

Projet de thèse en Sciences, Technologies, Sociétés

Sous la direction de Madeleine Akrich et de Pierre-Yves Le meur.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de EOS - Économie, Organisations, Société , en partenariat avec Centre Sociologie de l'Innovation (laboratoire) et de École nationale supérieure des mines (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    La situation minière néo-calédonienne s'est vue transformée ces 15 dernières années en réponse à la signature des accords de Nouméa et à l'arrivée sur le territoire de deux multinationales ayant entrepris la construction de gigantesques complexes visant à exploiter et traiter les ressources nickélifères néo-calédoniennes. La réalisation des projets a suscité un ensemble de controverses sociotechniques complexes faisant émerger différents problèmes en apparence éloignés : conservation de la biodiversité, pollution, implication des populations locales dans les projets, intégration des savoirs autochtones dans les processus de décision liés au secteur minier et à la gestion environnementale, rôles des institutions scientifiques et des régulateurs, répartition des richesses et de la rente minière, citoyenneté, indépendance. Chacun des projets s'est progressivement construit en essayant d'intégrer dans son fonctionnement technique, organisationnel, juridique, des réponses aux questions soulevées par les controverses. Les arrangements qui en résultent diffèrent de manière radicale, fournissant ainsi une matière passionnante pour qui veut comprendre la manière dont s'enchevêtrent économie, technologie et politique dessinant deux modèles possibles pour la Nouvelle-Calédonie de demain. En mobilisant l'anthropologie et la sociologie des sciences et des techniques, la thèse propose d'étudier le nickel comme un matériau politique compris au travers d'un ensemble de problèmes dont l'étude permettra de porter un regard renouvelé sur les formes de citoyenneté, de gouvernance, et de souveraineté en Nouvelle-Calédonie. L'étude s'intéresse à la constitution des collectifs autochtones et son lien avec le secteur minier, aux formes d'implication des populations locales aux projets, à l'émergence d'institutions hybrides visant à améliorer le dialogue entre différentes formes de savoirs, et aux controverses scientifiques concernant la gestion de la mine et de son environnement.

  • Titre traduit

    Mining in New-Caledonia : territory, citizenship, governance


  • Résumé

    The New Caledonian mining landscape has been transformed over the last 15 years in response to the Nouméa agreements and the arrival on the territory of two multinationals that have undertaken the construction of gigantic complexes designed to exploit and treat the New Caledonian nickel resources. The implementation of these two projects seems to have been an opportunity to rethink problems in New Caledonia and metropolitan areas: conservation of biodiversity, pollution, involvement of local populations in projects, integration of indigenous knowledge in decision-making processes related to mining and environmental management, roles of scientific institutions and regulators, distribution of wealth and mineral rent, citizenship, independence ... Around and in the mines these problems lead to controversies, which have given rise to surprising and differentiated institutional responses and innovations depending on the two projects. By mobilising anthropology and the sociology of science and technology, the thesis proposes to study nickel as a political material.