Enquête sur l'ergonomie informatique de l'État

par Marie Alauzen

Projet de thèse en Sciences, Technologies, Sociétés

Sous la direction de Fabian Muniesa.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de EOS - Économie, Organisations, Société , en partenariat avec Centre Sociologie de l'Innovation (laboratoire) et de École nationale supérieure des mines (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    La thèse explore l'informatisation de l'État à travers un assemblage de dispositifs, de pratiques et d'infrastructures qui se complètent, se concurrencent et s'agencent pour former la politique contemporaine de réforme de l'État en France. Le cahier des charges à remplir par les acteurs est le suivant : mettre à jour, améliorer l'efficacité et éventuellement réduire le coût des services rendus par les Administrations, notamment par le développement et la maintenance d'infrastructures informatiques. Il faut harmoniser et simplifier les procédures, mesurer la performance, concevoir et tester des services adaptés aux usages. Il faut également tenir compte des faiblesses des équipements techniques des administrations, se confronter aux routines et écouter celles et ceux que l'on appelle les usagers. D'aucuns parlent de bâtir l'État plate-forme. La perspective développée s'inscrit dans l'anthropologie des sciences et des techniques et les études foucaldiennes sur la gouvernementalité. À partir d'une enquête ethnographique d'administration, la thèse aborde une série de problèmes caractéristique des transformations de la politique, pénétrée par la science et la technologie : l'information, le design, l'accessibilité, la participation, le droit, l'identité des utilisateurs, la mémoire. Elle propose d'appeler « nouvelle ergonomie informatique de l'État » ce travail constant, hésitant et fragile qui entretient l'intérêt d'une transformation formelle de l'État.

  • Titre traduit

    An inquiry into the State's usability engineering


  • Résumé

    The PhD investigates the digitalisation of the state as an interactive arrangement of devices, practices, and infrastructures. It is based on an ethnographic case study at the French governmental agency in charge of the state modernisation. Within the contemporary frame of the State reform policy, they connect, compete and complete each other. Specifications includes update, improve and possibily reduce the cost of public services, in particular with the help of digital tools. It is also necessary to create standards, simplify processes, mesure performance, design and experiment user-centred services. Actors have to be very careful of the weakness of technological equipements; they need to face administrative routines and listen to the so-called users. Some says they are making the 'state-pleteform'. My approach draws on the anthropology of sciences and technologogies and neo-foucaldian studies on governmentality.I focuse on series of political innovation issues : information, design, usability, participation, law, and digital identity. I suggest to name this semiotic haze : digital ergonomics of the state in order to underline the work, continual, uncertain and fragile, that maintains the state transformation interest.