Le Théâtre musical au XXème siècle. Une expérience politique.

par Karine Saroh

Projet de thèse en Arts

Sous la direction de Muriel Plana et de Frederic Sounac.

Thèses en préparation à Toulouse 2 , dans le cadre de Arts, Lettres, Langues, Philosophie et Communication (ALLPH@) , en partenariat avec LLA-Creatis - Lettres, Langages et Arts (EA 4152) (equipe de recherche) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Au cœur de l’élan moderniste qui anime le XXe siècle, l’expression « théâtre musical » devient l’étendard d’une recherche esthétique de nouvelles formes de rencontre scénique entre le théâtre et la musique. Que l’objectif soit de moderniser l’opéra, de le remplacer, de réformer le théâtre ou de créer un nouveau genre à mi-chemin entre les deux arts, les collaborations rassemblant compositeurs et hommes de théâtre entendent présenter des œuvres actuelles, qui balaient les modèles esthétiques jusqu’alors dominants. Si l’approche du théâtre musical est complexe tant il s’avère polymorphe, le contexte social et la proximité des artistes avec le milieu activiste nous invitent à considérer également les œuvres selon leurs qualités militantes et/ou politiques. À l’heure où les sociétés européennes sont ébranlées des guerres mondiales et des modèles totalitaires qui donnent lieu à une instabilité sociale importante, l’espace esthétique pluridisciplinaire du théâtre musical se révèle propice à la réflexion philosophique et à l’expérimentation des modalités de protection et d’émancipation du politique. L’utopie artistique, qui incite à repenser les cadres formels du théâtre musical, dans lequel les disciplines sont travaillées selon un système de relation égalitaire et d’autonomie des voix, cultive aussi des modèles d’utopie politique. Ainsi, après avoir exploré les ambitions esthétiques du théâtre musical et leur traduction dans les œuvres, nous ne manquons pas d’étudier sa relation dialogique avec la pensée politique qui lui est contemporaine. C’est en effet parce que son espace artistique (processus et productions) convoque l’utopie politique pour relever les défis esthétiques de la pluridisciplinarité, que le théâtre musical devient le lieu privilégié d’une réflexion philosophique sur la pratique militante et sur les moyens de l’exercice politique, ainsi que sur l’idéal démocratique dont nous sommes aujourd’hui les héritiers.

  • Titre traduit

    Musical theatre during the 20th century, a political experience


  • Résumé

    At the core of the modernist impetus that animates the 20th century, the phrase “musical theatre” becomes the emblem of the aesthetic search of new ways of mixing theatre and music on the stage. Whether the aim is to modernize the opera, reform the dramatic art, or create a new genre halfway between both arts, composers, dramatists and producers collaborate to produce modern works and dispense with the old prevailing aesthetic model. Approaching musical theatre is quite a challenge, as it is so polymorphic; and the social context and the artists’ closeness to the activists’ world invite us, when examining their works, to consider their militant and political standpoints. At a time when European societies are weakened by World Wars and totalitarian regimes that give rise to an important social instability, the multidisciplinary aesthetic space of the musical theatre turns out to favour philosophical thought and the experimentation of methods for the protection and the emancipation of politics. The artistic utopia, which encourages us to reconsider the formal pattern of musical theatre where the arts are used on equal terms and the voices are independent, also promotes a political utopia. Then, after exploring the aesthetic ambitions of musical theatre and how they are technically expressed in the works, we are sure to study their intricate two-way relationship with contemporary political thought. Because its artistic space (process and productions) uses political utopia to take up the aesthetic challenge of multidisciplinarity, musical theatre turns out to be the ideal place for a philosophical appraisal of the militant practice, of the degree of political exercise as well as of the democratic ideal it has passed on to us.