La genèse précoce des différences sociales dans les habitudes alimentaires.

par Raphael Dhuot

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Séverine Gojard.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement et Santé , en partenariat avec CENTRE MAURICE HALBWACHS (laboratoire) et de institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2013 .


  • Résumé

    La plupart des travaux consacrés à l'alimentation des enfants montre que les habitudes alimentaires sont socialement clivées dès la période scolaire, ce qui suggère de chercher dans la prime enfance la construction de ces différences sociales. L'enjeu de cette thèse est de mieux comprendre les ressorts de la réception par les parents de nourrissons de normes alimentaires, et de préciser leurs déterminants sociaux. On s'intéressera pour ce faire à différentes normes alimentaires (notamment celles portant sur les produits sucrés, plutôt objet de restrictions et celles portant sur les produits gras, plutôt favorisés dans une certaine mesure dans la toute petite enfance) et à leur mise en pratique par les parents au fil de la première année de vie de l'enfant. Alors que les travaux existants tendent à considérer les normes comme un bloc homogène, cette confrontation permettra d'éclairer l'impact de la formulation des normes sur leur réception. Quant aux déterminants considérés, là encore l'enjeu est de dépasser les approches usuelles, qui se focalisent le plus souvent sur les propriétés sociales de la mère et négligent deux dimensions potentiellement importantes : la trajectoire qui a conduit à sa position au moment de la naissance (origine sociale et géographique, histoire familiale et nombre d'enfants) ; les propriétés du père. La méthode retenue sera essentiellement statistique, par l'analyse des premières vagues d'enquête de la cohorte Elfe, portant sur 18000 enfants nés en France en 2011. Les résultats devraient permettre de recueillir de l'information sur la formation des habitudes alimentaires dès la prime enfance et sur ses déterminants sociaux. Il s'agit d'une première contribution à l'analyse de la construction des différences sociales dans l'alimentation, qui sera poursuivie sur les vagues suivantes de la cohorte Elfe. Le travail se fera en collaboration avec les autres partenaires du projet SweetLipKid financé par le Métaprogramme DID-IT, coordonnée par Sophie Nicklaus (INRA AlimH) et avec les partenaires du groupe de travail "alimentation - nutrition" de la cohorte Elfe (principalement INSERM, INRA, INED).

  • Titre traduit

    Early genesis of social differences in eating habits.


  • Résumé

    Most of the work on child nutrition shows that eating habits are socially framed from the elementary school, which suggests looking in infancy the building of these social differences. The aim of this thesis is to understand the motivations of the receipt of food standards by parents and to clarify their social determinants. We will look to do this in different food standards (including those on sugar rather restricted and those on fat, rather encouraged to consume, to some extent, in infancy ) and in their implementation by parents over the first year of life of the child. While existing studies tend to consider the standards as a homogeneous block, this confrontation will illuminate the impact of the formulation of standards on their receipt. About the determinants considered , again the issue is beyond the usual approaches , which focus mostly on the social characteristics of the mother and ignore two potentially important dimensions: the path that led to his position at the time of birth (social and geographical origin , family history and number of children) , the properties of the father. The method used is essentially statistic. It consists mostly in the analysis of the first wave of the survey Elfe on 18,000 children born in France in 2011. The results are expected to gather information on the formation of eating habits in early childhood and its social determinants. This is a first contribution to the analysis of the construction of social differences in the diet, which will be continued on the following waves of the Elfe cohort . The work is done in collaboration with other partners from the SweetLipKid project funded by the DID -IT METAPROGRAM coordinated by Sophie Nicklaus (INRA ALIMH ) and partners from the working group "diet - nutrition" of Elfe Cohort (mainly INSERM , INRA, INED ).