Essays on Income Distribution : methodological, Historical and Institutional Perspectives with Applications to the case of Brazil (1926-2016)

par Marc Morgan Mila

Projet de thèse en Analyse et politique économiques


Sous la direction de Thomas Piketty.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) depuis le 26-01-2016 .

  • Titre traduit

    Essais sur la Répartition du Revenu : perspectives Méthodologiques, Historiques et Institutionnelles avec Applications au cas du Brésil (1926-2016)


  • Résumé

    Cette thèse consiste en trois essais sur la répartition des revenus, du point de vue de la production statistique (méthodes) et du développement économique (histoire et institutions). Comme Simon Kuznets l'a évoqué dans les années 50, pour commencer à comprendre la relation entre inégalité et développement, nous devons d'abord mesurer avec précision les tendances sous-jacentes aux phénomènes, avant de proposer ensuite une analyse des conditions qui les ont provoqués. "Avec ce début, nous pouvons alors essayer de traduire les éléments d'un passé correctement compris dans les conditions d'un présent bien compris" (Kuznets, 1955). Cette thèse poursuit cette piste d'investigation. Le premier chapitre, écrit avec Thomas Blanchet et Ignacio Flores, traite le problème croissant des enquêtes auprès des ménages de bien représenter les revenus les plus élevés. Il propose une nouvelle méthode pour réconcilier les données d'enquêtes avec des informations provenant de sources plus fiables, telles que des données fiscales. La méthode produit un base micro de données qui préserve la cohérence des autres variables socio-démographiques aux niveaux individuel et global, afin de permettre la poursuite des recherches dans un cadre distributif plus représentatif. La procédure est illustrée par des applications empiriques dans cinq pays, couvrant des contextes développés et moins développés pendant de nombreuses années. Les deuxième et troisième chapitres utilisent tous deux la méthode décrite dans le premier chapitre pour mesurer et analyser les inégalités de revenus pour différentes périodes et motifs au Brésil - une économie illustrative du développement tardif, où les enquêtes auprès des ménages sont une source de plus en plus problématique à partir de laquelle obtenir des informations crédibles sur la croissance relative des revenus de différentes parties de la population. Le deuxième chapitre combine des données non encore réconciliées afin de mettre au jour de nouvelles preuves et une nouvelle compréhension de l’inégalité des revenus au Brésil, en mettant l’accent sur la période très controversée des années 2000. Il constate que les inégalités au bas de l'échelle 90% de la répartition ont diminué, mais que la concentration au sommet persiste à des niveaux très élevés. Cette dichotomie était due à la forte croissance moyenne des revenus dans les deux extrêmes de la distribution, principalement entre 2002 et 2013, alors que le milieu de la distribution était serré. La réduction des inégalités parmi une grande partie de la population était due à la réduction des inégalités des revenus du travail, mais insuffisante pour empêcher la concentration croissante du revenu national parmi les élites économiques. Le chapitre contextualise les résultats afin de comprendre ce qui peut être le moteur de la dynamique, du rôle progressif de la politique sociale au rôle régressif du système fiscal et de la politique monétaire. Le troisième chapitre, écrit avec Pedro Souza, étend l'analyse de l'inégalité brésilienne sur une période historique plus longue afin de déterminer d'où elle vient. L’objectif général est de jeter un nouvel éclairage sur la dynamique de la distribution à long terme et son lien avec la croissance économique dans un pays en développement tardif. Basé sur la construction d'un ensemble de données riches sur les inégalités couvrant l'ensemble de la population depuis 1976 et un groupe de revenu supérieur depuis 1926, et sur sa combinaison avec d'autres informations sur les inégalités et statistiques macro, le chapitre montre les niveaux et la persistance sans précédent de la concentration du revenu au Brésil, malgré des fortes changements économiques et politiques. Le chapitre explique l'absence d'un force égalitaire soutenu dans le pays par une théorie endogène des changements institutionnelles, qui découle de changements structurels et économiques, mais que les élites s'approprient finalement pour éviter la redistribution de facteurs "fondamentaux" (terre, capital, revenu, éducation), que les mutations économiques et les acteurs sociaux associé semblent exiger. Il identifie le coup militaire de 1964 et ses conséquences comme un moment crucial dans l’histoire de l’inégalité au Brésil, dont les idées et les politiques ont en grande partie suspendu la croissance inclusive, réservé des étranglements distributifs aux futurs gouvernements, et dont l’héritage se fait encore sentir aujourd'hui.


  • Résumé

    This PhD thesis consists of three essays on income distribution, from the point of view of statistical production (methods) and economic development (history and institutions). As Simon Kuznets alluded to in the 1950s, in order to begin to understand the relationship between inequality and development, we must first accurately measure the trends underlying the phenomena, and only then propose an analysis of the conditions giving rise to them. "With this as a beginning, we can then attempt to translate the elements of a properly understood past into the conditions of an adequately understood present" (Kuznets, 1955). This thesis purses this line of investigation. The first chapter, written with Thomas Blanchet and Ignacio Flores, deals with the growing problem of household surveys to accurately portray the top tail if the income distribution. It proposes a new method to reconcile survey data with information from more trusted sources, such as tax data. The method produces a micro-dataset that preserves the consistency of other socio-demographic variables at both the individual and aggregate levels, to allow future research to be carried out under a more representative distributive framework. The procedure is illustrated by empirical applications to five countries, covering both developed and less-developed contexts over numerous years. The second and third chapters both make use of the method described in the first chapter to measure and analyse income inequality for different time periods and motives in Brazil -- a perennial late-developing economy, where household surveys are an increasingly problematic source from which to obtain credible information on the relative income growth of different parts of the population. The second chapter combines data from previously un-reconciled sources to uncover new evidence and a new understanding of income inequality in Brazil, focusing on the much debated period of the 2000s. It finds that inequality within the Bottom 90% of the distribution declined, but concentration at the top persisted at very high levels. This dichotomy was given by the strong average income growth in both tails of the distribution mainly between 2002 and 2013, while the middle of the distribution was squeezed. The fall in inequality among a large part of the population was due to the fall in labour earnings inequality, which was nonetheless insufficient to prevent the growing concentration of national income among economic elites. The chapter contextualises the findings to understand what may be driving the dynamics, from the progressive role of social policy, to the regressive role of the tax system and monetary policy. The third chapter, written with Pedro Souza, extends the Brazilian inequality analysis over a longer historical time-frame to examine where it has come from. The overall objective is to shed new light on long-run distributional dynamics and their connection with economic growth in a late-developing country. Based on the construction of a rich inequality dataset covering the whole population since 1976 and a top income group since 1926, and its combination with other distributional information and macro statistics, the chapter shows the unprecedented levels and persistence of income concentration in Brazil, despite tumultuous economic and political change. It explains the absence of any sustained egalitarian levelling in the country through an endogenous theory of institutional shifts, which originate from structural-economic changes, but get ultimately appropriated by elites to avoid the redistribution of fundamental factors (land, capital, income, education) that the economic changes and related social actors seem to demand. It identifies the military coup of 1964 and its aftermath as a crucial moment in the history of Brazilian inequality, whose ideas and policies largely suspended inclusive growth, consigned distributional bottlenecks to future governments, and whose legacy can still be perceived today.