Le pouvoir social des choses. Faire l'expérience du partage de la mémoire à travers les objets.

par Irene Picichè

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Anne Monjaret et de Francesca Sbardella.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Università degli studi (Bologne, Italie) , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 30-11-2015 .


  • Résumé

    La recherche présentée dans cette thèse est née du désir de découvrir, à travers le partage de la mémoire autobiographique, une nouvelle manière de lire l'histoire de l'individu qui s'interconnecte inévitablement avec celle de sa communauté d'appartenance. A partir du travail de terrain réalisé entre 2015 et 2016 au sein des premiers Musées des Objets Ordinaires, nés d'abord en France puis en Italie, j'ai essayé d'étudier le pouvoir associatif des choses à travers l'analyse de la lien émotif qu'ils entretiennent avec leurs propriétaires, mais aussi à travers une réflexion sur les bénéfices que l'exhumation de la mémoire que les objets incorporent met en œuvre sur l'individu et sur la collectivité. En février 2018, le travail de recherche s'est achevé avec la création d'un projet expérimental intitulé : "Nostos. Contre la crise de la mémoire ". Avec la réalisation de cette méthode d'investigation, qui dans ce cas a assumé les caractéristiques d'un Laboratoire d'Anthropologie Matériel, J'ai voulu donner application aux études entreprises au cours des années doctorat, poussé par le but et le désir profond de les rendre socialement utiles et utilisable. L'objectif était d'offrir aux membres du groupe l'occasion d'entreprendre une immersion ethnographique dans le monde des petites choses, dans les relations d'intimité qui remplissent la vie quotidienne, éclairant le chemin qui mène à leurs propres dispositions mentales et aux trajectoires de pensée qui naissent et se transforment en fond de soi. Au travers du projet Nostos, j'ai essayé de démontrer la valeur associative des objets, ce qui fait d'eux des intermédiaires sociaux qualifiés, capables de créer et protéger les liens interpersonnels dans le temps et dans l'espace. En évoquant d'importants fragments de vie partagée, les choses témoignent notre condition d'hommes parmi les hommes, êtres reliés par un réseau émotionnel essentiel : la mémoire.

  • Titre traduit

    The social power of things. Experiencing the sharing of memory through the objects


  • Résumé

    The research presented in this venue was generated from the desire of rediscovering, through the sharing of autobiographical memory, a new way of reading the history of the individual, which is inevitably interconnected with that of his belonging community. Starting from the field work carried out between 2015 and 2016 within the first Museums of Ordinary Objects, which arose first in France and then in Italy, it was specifically attempted to investigate the associative power of things through the analysis of the affective link that they entertain with their owners, but also by means of a reflection on the benefits that the exhumation of the memory incorporated by the objects implements on the individual and on the collectivity. In February 2018 the research work ended with the creation of an experimental project named:"Nostos. Against the crisis of memory ". With the realization of this investigation methodology, which in the particular case assumed the connotations of a laboratory of Material Anthropology, I wanted to give applicability to the studies carried out, moved by the purpose and profound desire to make them socially useful and usable. The aim was to offer the members of the group involved the opportunity to undertake an ethnographic immersion in the world of small things, in the relationships of intimacy that fill the daily life illuminating the path that leads to their own mental dispositions and trajectories of thought that are born and are transformed into the deepest self. Through the project Nostos I have tried to demonstrate the potential associative value of objects, what makes them skilled social intermediaries able to prolong, in time and space, interpersonal bonds, but also sometimes to create new ones. Things, evoking important fragments of shared life, bear witness, in fact, to our condition as men in the midst of men, beings connected by an unavoidable emotional network : memory.