De Reims à Varennes : les langages de l’autorité politique dans la France révolutionnaire

par Roberta Kelly Soromenho Nicolete

Projet de thèse en Études politiques Option Philosophie politique


Sous la direction de Frédéric Brahami et de Eunice Ostrensky.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Universidade de São Paulo (Brésil) , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 02-12-2015 .


  • Résumé

    Servant de titre à notre travail, la distance entre Reims, terre de sacre royal, et Varennes, village où Louis XVI et sa famille ont été pris en flagrant délit de fuite, est une métaphore de l’érosion du langage de l’autorité politique (notamment, le droit divin des rois) au cours du XVIIIe siècle et de la concurrence entre les discours de résistance aux autorités traditionnelles et ceux qui proposèrent un nouvel ordre politique sur la base des fondements théoriques et abstraits de la France du dix-septième siècle (le constitutionnalisme, le contractualisme, entre autres discours). Nous mettons en lumière pamphlets, brochures, actes parlementaires et documents administratifs et de gouvernement, écrits à l’occasion du sacre et du procès engendré par la fuite du Roi, ceux-ci n’étant pas à strictement parler, des œuvres classiques de la théorie politique. Toutefois, systématiquement analysées sans omettre de les articuler aux travaux de philosophie politique de l’époque largement connus, de telles sources permettent d’observer la dynamique de l’autorité politique, tout comme les disputes relatives à la définition de la nature et aux limites du (corps) souverain, portées par différents langages politiques de l’histoire. En réalité, dans la présente recherche, l’autorité politique est, pour paraphraser John Pocock, une activité discursivement constituée. Loin d’affirmer que de tels discours auraient été intronisés seulement au moment de la rupture, c’est-à-dire pendant les évènements qui marquèrent la Révolution Française de 1789, dans notre travail nous soutenons qu’au regard des écrits des auteurs analysés, les langages politiques gardent une forte ressemblance avec ceux qui étaient déjà en circulation et avaient pour but de contester l’ordre en vigueur, utilisés au cours des décennies antérieures à la période révolutionnaire, dès l’Ancien Régime. En réalité, notre hypothèse interprétative indique autant les effets de la rupture qu’une certaine continuité des langages dans un contexte particulier de l’histoire.

  • Titre traduit

    From Reims to Varennes : the languages of political authority in revolutionary France


  • Résumé

    Providing the title of our thesis, it is the distance from Rheims to Varennes (the first being the land of the royal consecration and the last the place where Louis XVI and his family were caught fleeing), that provides the metaphor both for the erosion of the language of political authority (especially, the king’s divine right) during the 18th century and for the competition between political discourses of resistance to traditional authorities and those which proposed a new political order, based on theoretical and abstract foundations (notably the constitutionalism, the contractualism, among other discourses). We want to analyse the dynamics of political authority in that period by shedding some light on pamphlets, brochures, parliamentary minutes and administrative documents written during the consecration and the process engendered by the royal flight. Even though such documents may not be considered canonical works in political theory, closer analysis and their articulation with the philosophical works of that period allow us to observe the disputes over the definition of the nature and the limits of the sovereign’s body based on political languages of history. Indeed, this research takes political authority as a discursively constituted activity, to paraphrase John Pocock. Far from arguing that such discourses would have been constituted only at the moment of rupture, during the noticeable events of the French Revolution, in 1789, In this work we sought to sustain that the political languages coming from the pen of our authors keep a strong resemblance to those already in circulation and contesting that current order. In fact, this repertory was forged in the decades before the revolutionary period – specifically during the last ordination of the Ancien Régime, in Rheims. Accordingly, the thesis' interpretative hypothesis takes into account both the effects of rupture and the continuity in certain languages that held the legitimate political authority in a particular context in history.