La réception de la postérité et de l’autorité de Jean Gerson (1363-1429) au début des temps modernes (XVIème siècle)

par Yelena Matoussevitch (Matoussevich)

Projet de thèse en Histoire et civilisations


Sous la direction de Pierre Antoine Fabre.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 02-02-2016 .


  • Résumé

    Le projet consiste à retracer la postérité du grand théologien du Moyen Âge tardif, Jean Gerson (1363-1429) aussi bien dans le milieu protestant que chez les penseurs catholiques du XVIème siècle. Homme d’église, éducateur, poète, penseur du premier ordre et acteur majeur dans l’histoire politique et religieuse de la France, il n’a pas reçu toute l’attention qu’il mérite. Le premier objectif de la thèse consiste ainsi à sortir le nom de Gerson de l’ombre en mettant en évidence son influence au-delà du XVème siècle, ce qui n’a pas été fait auparavant. Visant à surmonter les clivages religieux et nationaux, cette étude présente les traits majeurs de son influence à travers la multiplicité des usages et des interprétations de sa pensée dont les diverses composantes s’articulent différemment au fil du temps. L’approche intégrale de la thèse cherche à combler un manque historiographique puisque la postérité de Gerson, parfois considérée dans ses diverses régions, n’a pas encore fait objet d’étude dans sa globalité. Comme l’attitude envers l’autorité de Gerson fut largement tributaire des conflits religieux qui agitèrent l’Europe, sa présence posthume dépendit surtout des objectifs polémiques et des prises de positions idéologiques de ceux qui trouvaient en lui une source d’inspiration. En conséquence, la thèse est organisée chronologiquement, confessionnellement, ainsi que géographiquement. Afin de fournir au lecteur l’arrière-plan historique précédant immédiatement la Réforme, l’étude commence après le Concile de Constance. D’un point de vue dénominationnel, la thèse est divisée, de façon relativement égale, entre les réceptions protestante et catholique, à l’exception de la postérité de Gerson en Angleterre et en Écosse qui constitue un chapitre à part. L’étude révèle des tendances dans sa réception touchant à l’humanisme, aux théologies systématique et pastorale, au mysticisme dévotionnel, le droit et l’historiographie, laissant de côté sa pensée conciliariste.

  • Titre traduit

    The Reception of Jean Gerson’s (1363-1429) Legacy and Authority in Early Modern Europe (16th century)


  • Résumé

    The project consists in tracing the legacy of the great late medieval theologian Jean Gerson (1363-1429) both in Protestant circles and among Catholic thinkers of the 16th century. A churchman, educator, poet, humanist, preacher and a first-class thinker, he has not received the attention he deserves. The dissertation hopes to achieve precisely this primary goal: to take Gerson’s name out of shadow and bring him into spotlight, by showing his influence beyond 15th century, which hasn’t been done before. Although the attitude towards Gerson’s authority was largely conditioned by religious conflicts that had agitated Europe during the Reformation, and his posthumous presence depended above all on the polemical objectives and ideological positions of those who found in him a source of inspiration, the dissertation seeks to overcome religious and national divisions and partisan scholarship. The contents of the dissertation are organized chronologically, denominationally, as well as geographically. In order to provide the reader with historical background immediately preceding the Reformation, chronologically it begins after the closure of the Council of Constance. Denominationally, the study is divided, relatively equally, between Protestant and Catholic receptions. Aside from Gerson’s legacy in England and Scotland, which constitutes a separate chapter, his reception in different regions is represented by geographical subdivisions within chapters. By presenting major features of his influence through the massive appropriation of his thought and work, the study reveals discernable tendencies in Gerson’s reception relevant to humanism, systematic theology, devotional mysticism, pastoral care, jurisprudence and early modern historiography, while leaving conciliarist aspect aside.