Youth and generations between two empires. Changing sociabilities from Ottoman to Italian rule in Rhodes

par Andreas Guidi

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Nathalie Clayer et de Hannes Grandits.

  • Titre traduit

    Jeunesse et générations entre deux empires. La transformation des sociabilités pendant le passage de gouvernance ottomane à gouvernance italienne à Rhodes


  • Résumé

    Au début du XXème siècle, l'espace urbain de Rhodes est marqué par la coexistence de sujets Orthodoxes, Musulmans, Juifs et Catholiques. En 1912, l’Italie occupe ce centre d’une province ottomane. Après le Traité de Lausanne de 1923, l’occupation militaire italienne devient une administration civile et Rhodes devient ainsi un protectorat de l’état fasciste. L’historiographie a traité cet objet d’étude soit en se concentrant sur une seule des communautés confessionnelles, soit sur les structures gouvernementales, et elle montre une tendance à voir les dernières années d’administration Ottomane et l’administration italienne comme deux objets d’analyse séparés. Cette thèse offre une approche plus inclusive à travers la combinaison de sources de type, langue, et origine différente. Situé au carrefour entre histoire sociale et culturelle, le récit est centré sur les trajectoires de vie d’individus appartenant aux différentes confessions et sur leur rapport avec les institutions pendant le passage de la domination ottomane à la domination italienne. À part les changements de pratiques de gouvernance au sein des institutions, il est possible d’observer à cette époque des diverses innovations relatives à l’espace et aux formes de socialisation. Cette thèse interroge cette double échelle de transformation à travers une perspective inspirée par les études en sciences sociales autour de la notion de génération et jeunesse. L’étude porte sur les pratiques de démarcation et circulation de ressources entre les différentes générations d’une famille. De plus, la recherche inclut les configurations qui s’étendent au-delà des limites de la famille mais qui sont influencées par les rapport entre générations, comme l’école, les associations, les partis. Dans le contexte étudié, les institutions locales essaient de réguler la divergence produite par le fait que, dans la plupart des familles, les enfant sont socialisés différemment par rapport à leur parents. Cela aboutit à une communalisation et à une étatisation des ressources, deux tendances qui persistent avec des modalités et des motifs différents, de la période ottomane à l’italienne. Le but de ce processus est de domestiquer des formes de sociabilité et il se penche sur l’évocation de la « jeunesse » comme objet de cette domestication. Ainsi, le terme « jeunesse » sert à prescrire des normes de conduite et à légitimer l’intervention institutionnelle dans la régulation de la gestion des ressources.


  • Résumé

    In the early twentieth century, the urban setting of Rhodes was characterized by the coexistence of Orthodox, Muslims, Jews and Catholics. In 1912, this Ottoman provincial center was occupied by Italy. After the Treaty of Lausanne in 1923, the Italian military occupation changed to a civil administration, and Rhodes became a protectorate of the Fascist state. The historiography has dealt with this setting either by focusing on one confessional community, or on governmental structures, tending to see the late Ottoman and the Italian administration as two mutually exclusive objects of analysis. This dissertation offers a more inclusive approach through the combination of sources of different origin, type, and language. Situated at the crossroad of social and cultural history, the narrative is centered on life trajectories of individuals belonging to all confessions and their encounter with institutions from Ottoman to Italian rule. Next to changes in institutions and practices of governance, several innovations related to spaces and forms of socialization are observable in this period. This dissertation investigates such double level of change through a perspective inspired by studies in social sciences about generations and youth. In other words, the study focuses on practices of demarcation and circulation of resources between the generations of a family. Additionally, figurations expanding outside the boundaries of a family – schools, associations, parties, etc. – but reflecting such generational interplay are taken into account. Since for most families children socialized differently from their parents, local institutions were concerned about regulating this divergence. The corresponding communalization and statalization of resources are trends persisting, with different modalities and motives, from the Ottoman to the Italian period. This process aimed at domesticating forms of sociability, and it relied on evoking “youth” as the object of this domestication. Thus, the term “youth” served the purpose of prescribing norms of behavior and legitimizing institutional intervention in regulating the management of resources.