Échanges artistiques entre la France et la Pologne au temps de la Guerre froide (1945-1981) : l’autonomisation du champ artistique polonais et le déclin de la référence française.

par Maria Tyl

Projet de thèse en Arts : histoire et théorie

Sous la direction de Gisèle Sapiro et de Andrzej Pieńkos.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 10-12-2015 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur les échanges artistiques entre la France et la Pologne pendant la guerre froide, plus précisément entre 1945 et 1981. Elle possède un double objectif d’analyser d’un côté, l’évolution du fonctionnement et de la structure du champ artistique polonais, de l’autre, celle du statut et du rôle du modèle français – dominant dans les arts plastiques polonais après la Seconde Guerre mondiale – que nous tenons à mettre en rapport avec les phénomènes observables au niveau international. Notre hypothèse principale est que parallèlement à l’autonomisation progressive du champ artistique polonais – qui après 1945, fonctionne dans un contexte autoritaire, étant soumis aux logiques étatiques et politiques –, nous pouvons observer le déclin du mythe et de la référence parisienne qui se fait dans le processus de globalisation, observable dans le champ artistique international depuis les années 1960, dans lequel les grandes capitales nationales hiérarchisées (comme Paris ou New York) sont remplacées par une concurrence polycentrique. Ce travail se situe à l’intersection de l’histoire de l’art et de la sociologie, ayant pour ambition d’importer les méthodes et les théories de sociologie historique dans les pratiques d’histoire de l’art en Pologne où elles ne sont quasiment jamais utilisées par les chercheurs. Il repose d’un côté sur la théorie des champs de Pierre Bourdieu – qui nous permet d’aborder l’évolution du champ artistique polonais et du statut de la référence française –, de l’autre sur la notion de « circuit », empruntée à Ioana Popa et adaptée à notre objet – qui nous sert à approcher et à ordonner les processus mêmes de circulation et d’échange. En adoptant ce cadre théorique, nous souhaiterions que cette recherche contribue à la sociologie de la production artistique et des trajectoires déployées par les artistes, les œuvres et leurs intermédiaires ; elle pourrait également alimenter la réflexion sur les structures des régimes communistes et les rapports qu’ils entretenaient avec la production artistique, faire émerger des questions qui n’ont pas été posées comme telles sur l’autonomie des champs et sur le champ artistique transnational, sur la formation d’un champ artistique global qui est moins dépendant des états.

  • Titre traduit

    Artistic exchanges between France and Poland during the Cold War (1945-1981) : the autonomisation of the Polish artistic field and the decline of the French reference.


  • Résumé

    This research focuses on artistic exchanges between France and Poland during the Cold War, more precisely between 1945 and 1981. It has a double objective of analyzing the evolution of the functioning and the structure of the polish artistic field, as well as that of the status and the role of the French model - dominant in Polish art after the Second World War - which we would like to put in relation to the phenomena observable at the international level. Our main hypothesis is that simultaneously to the progressive autonomization of the Polish artistic field - which after 1945 operates in an authoritarian context, being subject to state and political logics - we can observe the deconstruction of the Parisian’s reference and myth, that is taking place in the process of globalization, observable in the international artistic field since the second half of the 1960s, in which the large hierarchical national capitals (such as Paris or New York) are replaced by polycentric competition. This work sits at the intersection of art history and sociology, aiming to import the methods and theories of historical sociology into art history practices in Polish academic field, where they are hardly ever used by researchers. It relies on the one hand, on the Pierre Bourdieu’s field theory - which allows us to approach the evolution of the Polish artistic field and the status of the French reference -, on the other hand, on the notion of "circuit", borrowed from to Ioana Popa and adapted to our object - which we use to approach and order the processes of circulation and exchange. By adopting this theoretical framework, we would like this research to contribute to the sociology of artistic production and the trajectories deployed by artists, works and their intermediaries; it could also nourish reflection on the structures of communist regimes and the relations they had with artistic production, bring some new questions on the autonomy of fields and on the transnational artistic field, on the formation of a global artistic field which is less dependent on states.