Sectes et ascètes indiens dans la littérature indo-persane : doxographie, hagiographie et ethnographie entre les périodes moghole et coloniale (XVIe-XIXe siècles)

par Jean Arzoumanov

Thèse de doctorat en Langues, civilisations et sociétés orientales

Sous la direction de Fabrizio Speziale et de Nalini Balbir.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-....) , en partenariat avec Groupe de recherches en études indiennes. Paris (laboratoire) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    La thèse étudie l’histoire des descriptions en persan sur les sectes et les ascètes indiens entre les XVIe et XIXe siècles. Resituant cet objet dans le temps long de la tradition culturelle indo-persane entre les périodes moghole et coloniale, elle se concentre sur un corpus de textes, pour la plupart manuscrits, produits en Inde du Nord. De la fin du XVIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, ces descriptions se renouvellent grâce à des études détaillées, qui s’éloignent des traditions doxographiques arabe et persane. À partir de la fin du XVIIe siècle, une nouvelle génération de munšī (secrétaires) hindous persanophones accélère le processus d’indianisation de la culture indo-persane et transforme la manière dont les ascètes et les sectes sont décrits, en particulier à travers le développement d’une littérature hagiographique en persan ayant pour sujet les saints du mouvement dévotionnel de la bhakti. La tradition littéraire indo-persane précoloniale et ses acteurs, les munšī, ne s’effacent pas avec l’établissement du pouvoir britannique en Inde du Nord. Les textes indo-persans composés dans la première moitié du XIXe siècle transforment les formes d’écriture en Inde et contribuent aux connaissances orientalistes sur les religions de l’Inde. Ces textes témoignent de la convergence entre les savoirs précoloniaux et coloniaux. Les descriptions ethnographiques rédigées en persan à la demande des fonctionnaires coloniaux britanniques présentent de manière exhaustive les doctrines, les pratiques et l’apparence des nombreux groupes sectaires indiens afin de permettre une reconnaissance plus aisée de l’affiliation sectaire des ascètes.

  • Titre traduit

    Indian sects and ascetics in Indo-Persian literature : doxography, hagiography and ethnography between the Mughal and colonial periods (16th-19th centuries)


  • Résumé

    This dissertation examines the history of texts written in Persian on Indian sects and ascetics produced between the 16th and 19th centuries. Relocating this object in the longer Indo-Persian cultural tradition between the Mughal and colonial periods, it focuses on a corpus, essentially manuscript, written in North India. From the late 16th century to the 17th century, Persian descriptions of Indian sects and religions were renewed thanks to detailed studies, which moved away from the Arabic and Persian doxographical traditions. From the late 17th century, a new generation of Persianized Hindu munšīs (secretaries) accelerated the indianisation process of Indo-Persian culture and transformed the way in which ascetics and sects were depicted, more particularly through the development of a devotional literature in Persian that was devoted to the saints of the bhakti devotional movement. The precolonial Indo-Persian literary tradition and its actors, the munšīs, did not disappear after the establishment of the British power in North India. Indo-Persian texts composed during the first half of the 19th century transformed forms of writing in India and contributed to Orientalist scholarship on the religions of India. They bear witness to the convergence between precolonial and colonial forms of knowledge. The ethnographic descriptions commissioned by British colonial officials give an exhaustive account of the doctrines, practices, and appearance of numerous Indian sectarian groups and allow an easier identification of ascetics’ sectarian affiliation.