Le transfert de technologie du Brésil vers le Mozambique pour la fabrication locale d'antirétroviraux

par Alila Brossard Antonielli

Projet de thèse en Santé, populations et politiques sociales

Sous la direction de Maurice Cassier.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 10-12-2015 .


  • Résumé

    En 2003, le Brésil fort de son expérience de fabrication d’antirétroviraux (ARV) génériques dans ses laboratoires publics propose au Mozambique le soutien pour la mise en place d’une usine de médicaments génériques. L’objectif affiché est de fournir à ce pays fortement touché par le VIH et très dépendant de l’aide internationale, un instrument de santé publique pour garantir le traitement de sa population. La création de cette nouvelle usine pharmaceutique au Mozambique, grâce à l’assistance de chimistes et experts de santé publique brésiliens, déborde la notion de « transfert de technologie » dès lors qu’il s’agit d’implanter une usine avec des lignes industrielles nouvelles, y compris pour les techniciens brésiliens, et que les procédés de fabrication devront être adaptés aux conditions locales. Il s’agit également de créer un nouvel environnement réglementaire au Mozambique pour ce qui concerne la certification des médicaments. Enfin, cette usine ambitionne de demander une pré-qualification de ses médicaments auprès de l’OMS pour participer aux marchés internationaux des génériques. Or, aucune firme brésilienne n’a pour l’heure sollicité de pré-qualification OMS d’une part et, d’autre part, rien ne garantit que l’usine mozambicaine une fois certifiée sera compétitive face aux firmes de génériques indiens, ce qui menacerait son autonomie financière. Cette recherche, réalisée sur les deux sites, le Brésil et le Mozambique, apportera des éléments nouveaux sur les processus de circulation de savoirs et de création locale de technologie à partir de la conjugaison de la diplomatie à la santé publique internationale et de la mise en place d’une nouvelle économie politique de la santé. Cette recherche bénéficie d’un financement de la région Île-de-France dans le cadre des DIM IS2-IT (Innovation, Sciences, Techniques, Société).

  • Titre traduit

    The technology transfer from Brazil to Mozambique for the local production of generic antiretroviral medicines


  • Résumé

    In 2003 Brazil, building on its successful experience of manufacturing generic antiretrovirals, offered its support to Mozambique for establishing a generics drugs factory in this low-income country strongly affected by HIV. The objective of this cooperation is to provide Mozambique with a public health instrument to ensure treatment of its population and reduce its dependence from international aid. The creation of this new pharmaceutical plant in Mozambique, with the help of Brazilian chemists and public health experts, challenges the notion of “technology transfer”. Indeed, it goes further in so far as the new plant will have new industrial lines, even for the Brazilian technicians, and the manufacturing procedures will be adapted to local conditions. It will also create a new regulation environment in Mozambique for the certification of medicines. The new drug plant has the ambition to submit its production to the WHO’s pre-qualification certification in order to participate in the international markets for generics. However, none of the Brazilian pharmaceutical industries has ever submitted this qualification. Also, there are no guaranties that if the Mozambican plant is pre-qualified it will be competitive with the Indian generic firms, therefore menacing its financial autonomy. This research with fieldwork in both sites, Brazil and Mozambique, hopes to shed light on the circulation of knowledge processes and the local creation of technologies by the embedding of diplomacy, international public health and a new political economy of health. This research is funded by the Ile-de-France region DIM IS2-IT (Innovation, Sciences, Techniques, Society) programme.