La constitution du temps historique : régimes d'historicités et auto-organisation du social

par Guillaume Biren

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Christophe Bouton.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (equipe de recherche) depuis le 25-10-2015 .


  • Résumé

    Mon projet de thèse consiste à croiser deux ordres de concepts afin d'enrichir la pensée du temps historique : la notion de régime d'historicité d'une part et celle d'auto-organisation du social d'autre part. Il s'agit dans les deux cas d'une tentative pour surmonter à nouveau frais la dichotomie entre la synchronie des structures sociales mais qui ignorent le changement, et la diachronie de la succession évènementielle mais qui ignore la profondeur explicative. Les régimes d'historicité permettent de saisir les structures comme des modes de temporalisation des événements, et l'auto-organisation vise à rendre compte des processus de genèse des structures complexes. Le travail sur les régimes d'historicité met en avant la diversité de ces régimes à partir des différentes configurations possibles entre l'expérience et l'attente. Ce travail invite donc à élargir la compréhension du temps historique à la diversité des expériences humaines du temps à laquelle l'anthropologie aussi bien que l'histoire donne accès. Mais au-delà de la description de différents régimes d'historicité, ce qu'il y a d'intéressant à penser c'est la possibilité du passage d'un régime à l'autre. Cela nous invite à réfléchir sur les opérateurs de l'articulation et de la désarticulation des régimes d'historicités. Comment s'instaure et se transforme un régime d'historicité ? Sur quels processus complexes d'auto-organisation sociale se fonde la temporalité propre d'une société ? On peut rechercher les concepts pour penser le temps historique dans les conceptions de l'auto-organisation du social. En effet le temps historique ne peut pas être conçu comme extérieur aux sociétés mais comme issue de leur propre organisation, il en est une structure intrinsèque. Ainsi en croisant les deux ordres de concepts on gagne à la compréhension du temps historique comme institution intrinsèque des sociétés humaines. Le concept de régime d'historicité s'y enrichit d'une dimension génétique permettant de mieux interroger la formation et les transformations des régimes. Les pensées de l'auto-organisation du social y trouvent un approfondissement du sens temporel de leurs catégories quand elles s'appliquent aux sociétés humaines.

  • Titre traduit

    Constitution of historical time : regimes of historicity and social self-organization


  • Résumé

    My project is to cross over two fields of concept in order to think the historical time: regimes of historicity on one hand, and social sel-organization on the other hand. In each case there is a way to overcome the dichotomy between synchrony of social structure, which ignore change, and diachrony of succession of event, without deep explanation. Regimes of historicity allows us to grasp structures as temporalization of event, and self-organization takes account of the making process of structures. Regimes of historicity put in light the diversity of those regimes and invite us to understand historical time through various configurations studied by history and anthropology. Beyond this diversity what is interesting is to think the change of regimes. How a regime of historicity is establish and how it is transform? Upon what complex process of social self-organization the specific temporality of a society is grounded? We can find in the theories of social self-organization concepts able to grasp the historical time. Indeed historical time cannot be conceive as external from society, but as emergent from there own organization. Thus in the comparison of the two kind of concepts we can aprehend time as an intrinsic institution of human society. The notion of regime of historicity gain a genetic dimension and social self-organization gain a better sense of time in human societies.