Mutations sociales et résistances culturelles chez les travailleurs de la terre : la persistance des épouvantails en Poitou-Charentes. Approche ethnosociologique des métamorphoses identitaires et des changements sociaux».

par Marthe Magrou

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Ali Aït Abdelmalek.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Dans le contexte de changements sociaux et d’évolution culturelle entamée dans les années 1950 dans le monde rural, les agriculteurs ont radicalement tourné le dos aux pratiques agricoles traditionnelles. Et ils ont pris part à l’avènement d’une agriculture dite « moderne » et « rationnelle » dont a découlé celle que l’on appelle aujourd’hui l’agriculture « conventionnelle » (ou « intensive »). Malgré cela, et semblant en contradiction avec cette culture, ces agriculteurs persistent d’utiliser des épouvantails. L’observation méthodique du fait a pu mettre en évidence divers constats, dont celui qu’il se déroule en Poitou-Charentes sur environ 20 % des cultures de tournesol lors des semis de printemps, soit qu’un agriculteur « conventionnel » sur 5 persiste d’en faire usage. Mais aussi, qu’il ne semble pas tant vouloir se conformer à une tradition, que de répondre à un problème technique pour lequel les experts agricoles ne sont pas en mesure d’apporter d’autre solution. Ce qui conduit à se demander, dans ce contexte, qui ou quoi résiste au changement ? Celui qui recoure à ces épouvantails ? D’autres groupes sociaux ? En ce sens, le silence observé des ingénieurs agronomes sur cette pratique ouvre un champ de recherche sur l’hypothèse que celui qui pose des actes ressemblant à des résistances au changement n’est pas nécessairement celui qui résiste.


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