Le Tarentisme au XVIIème siècle à Leyde. Sciences et musique chez Wolferd Senguerd

par Manuel DE CARLI

Projet de thèse en Doctorat de Musique

Sous la direction de Philippe Vendrix.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 10-12-2015 .


  • Résumé

    À partir de l’étude du Tractatus physicus de tarantula, que Wolferd Senguerd (1646-1724) publia à Lyon en 1668, nous illustrerons l’accueil qu’au XVIIème siècle la ville de Leyde réserve à la notion de tarentisme, la maladie engendrée par la morsure de la tarentule. Le Tractatus, un des premiers traités sur le tarentisme, est organisé en quaestiones et responsiones de façon à satisfaire la curiosité du lecteur sur l’origine du nom de la tarentule, son anatomie, son habitat, la nature de son venin, ses effets sur le corps humain, etc. Senguerd, professeur de philosophie naturelle à l’Université de Leyde, base son étude de la tarentule sur le système de la philosophie naturelle qu’il adopte dans d’autres études de physique (Philosophia naturalis, Leyde 1680; Inquisitiones experimentales, Lyon 1690). Or, pourquoi un professeur de philosophie naturelle de Leyde s’intéresserait-il à la maladie provoquée par le venin de l’araignée ? Par ailleurs, il est légitime de se demander si le tarentisme était connu, voire répandu aux Pays-Bas, et si Senguerd a été directement en contact avec la maladie, ou s’il en a eu connaissance par le biais d’une correspondance ou de récits de voyage. Un autre point à éclaircir par la recherche est en la chronologie du traité de Senguerd, puisque ce dernier compte parmi les premiers auteurs à rédiger une monographie sur la tarentule et la maladie qu’elle provoque. La précocité du traité dans un pays du Nord nous interpelle quant aux raisons qu’ont poussé Senguerd à traiter ce sujet. Pour mieux comprendre la nature des intérêts de Senguerd, il faudra nous interroger sur les liens existant entre la zoologie, la philosophie naturelle et la médecine au XVIIème siècle. Notre recherche apportera des éléments de réponse aux questions soulevées par le texte de Senguerd. Nous essayerons avant tout de retracer la diffusion de la littérature qui avait déjà été publiée sur le tarentisme dans le Nord de l’Europe en nous attachant plus particulièrement à la ville de Leyde, puisque c’est dans cette ville que l’auteur soutient son Doctorat avant d’y enseigner pendant près d’un demi-siècle. Puis, nous déterminerons le rôle de ce traité sur la tarentule au sein de la production de Senguerd, en soulignant ses liens avec les principaux concepts de la philosophie de la nature qui étaient répandus au XVIIème siècle dans le Nord de l’Europe. Concernant la thérapie, nous étudierons la conception de la musique et de ses propriétés. Dans cette perspective, nous nous pencherons non seulement sur les rapports existant entre la musique et la mécanique dans le domaine de l’impact physique des sons sur le corps humain, mais également entre la musique et la physiologie en rapport aux effets bénéfiques de la danse et de mélodies spécifiques, produites par des instruments particuliers. Ensuite, nous approfondirons la conception du son avancée par Senguerd, en la confrontant avec des questions relatives à l’acoustique qu’il eut l’occasion de traiter dans le reste de sa production scientifique. Pour ce qui est de la structure du traité, rédigé en questions-réponses à caractère vulgarisateur et pédagogique, nous décrirons le rôle de l’œuvre de Senguerd dans l’histoire de la littérature traitant des problemata zoologiques au XVIIème siècle. Nous nous interrogerons également sur le contexte universitaire au sein duquel Senguerd élabora et développa sa doctrine sur le tarentisme, la musicothérapie et la physique. Nous rédigerons une édition critique du traité.


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