L'organisation révolutionnaire des travailleurs (ORT) dans la construction de la démocratie en Espagne : l'histoire, la mémoire et représentations.

par Christian Arauz

Projet de thèse en Langues et littératures romanes : spécialité Espagnol

Sous la direction de Mercè Pujol Berché et de Julio Pérez-Serrano.

Thèses en préparation à Paris 10 en cotutelle avec l'Universidad de Cádiz , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) depuis le 01-12-2015 .


  • Résumé

    Résumé de la thèse La Transition vers la démocratie en Espagne a été un des processus qui a le plus éveillé l'intérêt des chercheurs. Au long des années ce processus a été vu par l'historiographie traditionnelle comme un processus pacifique, consensuel, basé sur le dialogue et comme le meilleur exemple de la réconciliation des espagnols après la sanglante Guerre Civile et les 40 ans de dictature franquiste. Pourtant, durant les dernières années des nombreuses études historiographiques sont apparues, remettant en question une partie de ces arguments et essayant de démythifier quelques idées préconçues. Ainsi, par exemple, face au mythe d'une époque pacifiste, sans conflits ni violences, plusieurs études ont mis l'accent sur le caractère conflictuel de cette période. Pendant celle-ci, il y eut des nombreuses grèves et manifestations, dont plusieurs ont fini à cause des dures répressions d'un corps policier a cheval sur la dictature et la démocratie. De l'autre côté, d'autres recherches ont remis en question la méthode soi-disant de rupture de la transition, en évoluant, de l’appelée “rupture” démocratique aux études de la “reforme” négociée. Une reforme qui serait dirigée par l'élite du régime précédant, réussirait à imposer des aspects aussi basiques que le système électoral ou la composition du pouvoir exécutif et tiendrait la capacité de choisir avec qui l'on négociait et les aspects intouchables dans la formation du nouveau régime. Ainsi, loin du consensus qui avait été prêché durant longtemps, quelques positions plus critiques ont mis l'accent sur la neutralisation pratique de l'opposition démocratique et sur le fait que l'organisation politique du réformisme a eu comme résultat le modèle de transition que l'ont connaît de nos jours. De ce biais, le processus serait dirigé par une minorité choisie du régime, bénéficiant pour sa consolidation de l'acceptation du soutien de quelques partis de l' opposition comme le Partido Socialista Obrero Español (PSOE) ou le Partido Comunista de España (PCE). Pourtant, il y eut une série de partis politiques et mouvements sociaux qui se sont opposés dès le début au cours que prenaient les événements, refusant de participer aux négociations et accords, refusant ces positions. Dans ce cas se situent, par exemple, les partis de la dénommée gauche radicale, qui ont été pratiquement ignorés pendant la conception du nouveau régime mais qui ont eu une grande influence sociale. Parmi les autres partis, il y aurait la dénommée Organisation Révolutionnaire des Travailleurs (ORT) qui fut un des principaux partis de la gauche radicale. Quant aux partis de la gauche radicale, il faut remarquer le tronc idéologique commun, fondé sur la doctrine marxiste-léniniste. Pourtant, malgré le fait qu'ils partageaient des principes communs, la gauche radicale était, pendant la transition, composée par des nombreux partis qui avaient pris forme dans les années 60. Cela eut comme conséquence un espace politique très fragmenté. Ces partis avaient comme origine le syndicalisme catholique et le nationalisme radicale ou, la plupart d'entre eux, étaient le résultat des scissions du Front de Libération Populaire (FLP). Ils différaient sur la tactique et la stratégie pour la transformation du modèle social . Ainsi, par exemple, plusieurs recherches ont été menées sur les divergences existantes entre les différents partis politique de tendance pro soviétique , maoïste ou trotskiste durant la transition et sur la division au sein de ces partis, qui a diminué leur capacité de transformer la gauche pendant la Transition. Dans ce spectre idéologique de la gauche radicale se situe la ORT, un de partis maoïste le plus importants et avec une implantation sociale majeure pendant la Transition. La ORT serait un des partis à lutter avec le plus de persévérance contre la reforme et le pacte social, ainsi qu'un des partis à avoir plus d' importance dans le mouvement ouvrier. Dans ce sens leur participation dans les Commissions Ouvrières (CC.OO) et leur grande implantation dans des villes telles que Huelva, Madrid et, surtout, Navarra, furent prépondérantes, allant jusqu'à disputer la première place au PCE. En somme, ce travail s'inscrit dans un courant rénovateur qui essaye de ramener à la lumière plusieurs des acteurs de la Transition qui ont était oubliés. Il s'agit de reconstruire l'histoire et la mémoire de la ORT, analysant le rôle qu'elle a joué lors de moments capitaux de la Transition. Il s'agit aussi d'analyser les discours dissidents exposés par cette organisation face à des faits clés de cette période. Ces discours déjà exposés pendant la Transition, paraissent être récupérés pour faire face à la crise que connaît l'Espagne actuellement. Finalement, l'analyse des représentations que les médias principaux de cette époque promouvaient sera aussi traité en profondeur. Questions à résoudre Après avoir vu les courants historiographiques qui existent de nos jours et la grande importance que l'on accorde à la récupération des acteurs politiques oubliés comme la ORT, certaines questions se posent : (i) quel était le rôle de la ORT dans la construction de la démocratie en Espagne? (ii) quel était son implantation en termes de militantisme, par origine social et distribution géographique? (iii) quelle influence a eu son origine catholique (AST) dans l' organisation? (iv) quelles relations a eu avec les autres partis maoïstes et quelle était la différence entre ceux-ci ? En relation avec la ORT durant la Transition, il serait intéressant d' analyser : (i) comment a été représentée la ORT durant le franquisme tardif et durant la transition? (ii) quel serait le discours de la ORT concernant l'usage de la violence et comme moyen de transformation sociale? (iii) quel était son programme, son stratégie et sa tactique au début des années soixante et soixante-dix et comment ont-ils évolué? (iv) quelle furent ses relations avec le Parti Communiste Chinois ? (v) quel rôle a eu son leader, José Sanroma, dans la ligne discursive et programmatique du parti? Enfin, il serait important d'essayer de répondre à une question fondamentale : Pourquoi la ORT disparu peu de temps après la fin de la Transition ? BIBLIOGRAFÍA - BABY, S. “Volver sobre la inmaculada Transición. El mito de una Transición pacífica en España”, en Chaput, M.C y Pérez Serrano, J. (eds.), La Transición española. Nuevos enfoques para un viejo debate. Madrid, Biblioteca Nueva, 2015. - GALLEGO, F. 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