Le monstre dans le roman argentin d’auteures (2004-2015)

par Marie Audran

Projet de thèse en Espagnol

Sous la direction de Claire Sourp et de Néstor Ponce.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Depuis la crise de 2001, dans un contexte de transition politique et historique, une nouvelle génération d’auteures gagne de la visibilité dans le panorama littéraire à tel point que l’on parle de « Nueva Narrativa Argentina ». Nous avons construit notre corpus (Mariana Enriquez, Fernanda García Lao, Gabriela Cabezón Camara, Samanta Schweblin, Ariana Harwicz) à partir de l’omniprésence du corps monstrueux comme symptôme essentiel et pertinent d’une nouvelle narration d’auteures. Notre travail de thèse vise à répondre à la question suivante : Comment le roman contemporain d’auteures argentines configure-t-elle un espace de gestation de corps alternatifs/monstrueux ? Que dit cette tératogénèse de la construction identitaire dans l’histoire et la société argentine ? Nous nous proposons d’étudier comment le discours politique construit un corps officiel au cours de l’Histoire argentine, en partant de l’hypothèse que le corps officiel est une miniature du projet de nation. Face à cela, la littérature propose des corps alternatifs, des corps « monstrueux », qui transgressent ce corps officiel. Nous partons de l’hypothèse que la récurrence et la transgression des corps monstrueux vont de pair avec un nouveau discours politique en Argentine qui reconnaît la possibilité d’une hétérogénéité des corps et des identités (2004-2015). Nous constatons que les femmes de la génération de post-dictature acquièrent un rôle et un poids politique important en Argentine. Notre réflexion s’ancre dans ce contexte et envisage les romans des femmes du corpus comme espaces de gestation de corps alternatifs en Argentine (tératogénèse), de réécriture (comme processus de déconstruction et de reconstruction transgressive) féminine de la nation et de l’Histoire. Ainsi, nous proposons un retournement dans l’appréhension contemporaine du monstre vers un retour dans l’intime, l’individuel et le corporel comme symptôme socio-esthétique des interactions problématiques et spécifiques du contexte contemporain en Argentine. De la stigmatisation distanciée d’un Autre, le monstre devient performatif : « je est un monstre ».Partant de l’idée que le corps-texte est un lieu d’inscription, nous ferons une typologie des « monstrations » culturelles et historiques inscrites dans les œuvres du corpus : transplantation, amputation et mutilation, hybridation, revenants, fantômes vengeurs, sauvages, folles, contamination. De même, nous proposerons une typologie des « monstrations » esthétiques et littéraires : réinvestissements de genres traditionnels marginaux; investissements d’esthétiques transgressives ; transgénéricité ; création d’une esthétique « monstrueuse ». A partir de ces études de tératogénèse et tératologie, et depuis la perspective interdisciplinaire lettre-histoire, nous tenterons de démontrer comment se construit/ réécrit le corps argentin et quels sont les enjeux identitaires d’une telle construction/réécriture.


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