Identités indigènes latino-américaines à l'heure de la seconde globalisation 1960-2015 : bilan, enjeux et perspectives

par Romain Rouanet

Projet de thèse en Etudes iberiques et latino americaines

Sous la direction de Victorien Lavou.

Thèses en préparation à Perpignan , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED (Perpignan) depuis le 03-12-2015 .


  • Résumé

    Étudier l’indigénisme suppose d’avoir une connaissance approfondie de ce que nous appelons les Indigènes. Qui sont-ils ? Quels sont leurs structures culturelles et imaginaires ? En quoi ces structures diffèrent-elles des structures des conquérants ? Quand et comment ont-ils cessé d’être Aztèques, Tarahumaras ou Aymaras pour être, tous, en dépit des différences entre ces peuples, regroupés dans le même concept : « Indigène » ? Nous nous inspirerons des spécialistes de la question ainsi que de nos travaux de Master pour étudier leur Identité, et toutes les notions qui sont afférentes à cette idée : Ainsi il nous faudra définir des notions telles que l’Ethnocentrisme, la Représentation, mais aussi les mémoires, individuelles et collectives. L’Indigénisme possède deux versants qu’il nous faudra faire coïncider. L’un est politique, il est lié à des expériences empiriques dans le monde du Pouvoir, notamment au Mexique. L’autre est littéraire, Il est lié au monde de l’art, aux vues d’artistes et aux représentations. Nous montrerons qu’il n’y a pas lieu de les distinguer. L’Histoire et l’histoire se construisent en effet toutes deux comme des récits obéissant aux mêmes structures qui s’encrent dans la mémoire collective, et en tant que telles, elles deviennent pour l’observateur un objet d’interprétation herméneutique. Dès lors, une des questions centrales que nous nous poserons est : par qui est raconté l’Indigène, et depuis quand ? Les discours ne sont pas homogènes. Les voix sont discordantes selon les époques, selon la bannière politique portée, selon les choix artistiques, l’origine sociale ou encore l’espace géographique de celui qui « parle de » l’Indigène. L’Indio change, lui aussi, selon les mêmes critères, mais aussi selon ce qu’on a besoin de lui faire dire, selon le reflet qu’il est, bien souvent à ces dépens, de la société. Un certain nombre d’observateurs n’ont pas manqué de dénoncer la collusion entre globalisation « impérialiste » - pour faire court- et Indigénisme politique. Dans les faits, il a davantage s’agit d’œuvrer pour une assimilation irréfléchie à la Nation plutôt qu’à une sauvegarde de communautés pourtant encore très présentes sur le continent américain. La seconde globalisation se distingue par la progression exponentielle de la technologie et des moyens de communication. Pour autant, lo indio se réduit souvent pour le grand public à de simples éléments discursifs iconiques d’agence de voyage… Par ailleurs, les études montrent que les zones de pauvreté et d’indigence totale correspondent presque toujours aux zones habitées majoritairement par les Indigènes. Il semble aujourd’hui que ce n’est plus leur culture qui soit leur marqueur identitaire, mais leur statut d’exclu de l’économie-monde moderne. Quel rôle joue les ONG dans le maintien de « lo indígena » à l’heure où la mondialisation uniformise à vitesse grand V les nouvelles générations ? Quels sont les actions menées sur les plans politiques et culturels et quelle lecture peut-on en faire à ce début de XXI siècle ? Ce sera l’objectif de ce travail que de répondre à cette dernière question, ainsi qu’à l’ensemble des interrogations que suscitent ce sujet.


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