"The best and the brightest" : les élites américaines et britanniques dans l’entourage décisionnel de politique étrangère (années 1970-années 1990)

par Sylvain Gaillaud

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Hélène Harter et de Sébastien Yves Laurent.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Qui sont les « meilleurs et les plus intelligents » gravitant dans l’entourage du Président américain et du Premier ministre britannique pour influencer leur gestion des affaires internationales ? Nourris des approches croisées de la sociologie et de la science politique, ces travaux de recherches entendent prolonger l’histoire du fait élitaire anglo-américain et de son influence dans la conception de la politique étrangère à la fin du XXe siècle. La fin des années 1970 voit l’avènement à Washington d’une nouvelle génération dans l’Establishment de politique étrangère. Celle-ci, moins unifiée que les précédentes, témoigne du déclin de l’autorité des élites traditionnelles, décrédibilisée par l’engagement au Vietnam. Le processus d’hétérogénéisation sociologique de l’élite s’accompagne ainsi d’un effritement du consensus idéologique. Il aboutit à une perte de lisibilité de la politique américaine, accentuée par une recomposition des rapports de force à l’échelle mondiale. Ce processus de reconfigurations apparaît beaucoup moins sensible au Royaume-Uni. Dès 1975, le changement de leadership au sein du parti conservateur entame un glissement idéologique général vers une forme de conservatisme, symbolisé par le rigorisme libéral et moralisateur de Margaret Thatcher. La logique de continuité observée à Londres se démarquerait ainsi fortement des évolutions à l’œuvre à Washington. Qu’en est-il alors de cette « classe dirigeante atlantique » étudiée pour monde des affaires du XXe siècle par le politiste danois Kees Van Der Pijl ? Peut-on élargir l’idée de « relation spéciale » jusque dans la composition des élites qui gouvernent la « famille anglo-saxonne » ? Cet Establishment transnational se fait-il le héraut d’une vision anglo-américaine du monde ? Dans quelle mesure les évolutions générationnelles observées ont pu renforcer cette « identité anglo-saxonne » ou, au contraire, les particularismes nationaux, parallèlement à l’autonomisation des deux membres de la « relation spéciale » ? En répondant à ces questions, ces recherches montreront que les transformations sociologiques et idéologiques à l’œuvre à Londres et à Washington dans les entourages décisionnels de politique étrangère témoignent, à la fin de la guerre froide, d’une reconfiguration de la puissance et d’une transformation de la gouvernance.


  • Pas de résumé disponible.