Un apprentissage de la violence. Le problème de la " culture " dans la philosophie de Gilles Deleuze

par Ernesto Feuerhake

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Guillaume Le blanc.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec LIS - Lettres Idées Savoir (laboratoire) depuis le 07-12-2015 .


  • Résumé

    D'après Gilles Deleuze, la pensée ne commence que sous l'effet d'un choc, à la faveur d'une rencontre violente avec un élément essentiellement non-reconnaissable qui « force à penser ». C'est ainsi qu'à la fois on sort de sa bêtise et que, de par cette injonction, on se trouve jeté dans un processus de pensée. Toutefois, quelles sont les conditions nécessaires pour qu'on puisse être ainsi forcé de changer sa pensée, de muer ses catégories, et sa perception même ? Qu'est-ce que cela qui nous rend capables d'être à même l'événement, ou de ne l'être pas ? Nous poursuivrons cette question avec le fil conducteur fourni par la notion de « culture », présente dans les premiers textes du philosophe. En effet, tout se passe comme si c'était « à l'état de nature » que la pensée demeurerait inactive, bête, s'efforçant même de le rester. Ce sera la « culture » qui aura pour tâche de « dresser » l'homme, en le rendant apte à réagir (Nietzsche et la philosophie, 1962). Nous essayerons de développer ce nœud où l'esthétique, le politique et la pensée se rejoignent dès le début de la carrière philosophique de Deleuze.

  • Titre traduit

    An Apprenticeship of Violence. The Question of " Culture " in Gilles Deleuze's Philosophy


  • Résumé

    According to Gilles Deleuze, thinking only begins under the effect of a shock, by means of a violent encounter with something essentially unrecognizable that "forces to think". In that way, one leaves one's stupidity behind and, at the same time, sees oneself engaged in a process of thinking. But, what are the necessary conditions for being forced in this way to change one's thought, categories, and even perception? What is it that makes us capable of embracing the event? We will track this question following the notion of "culture", present in Deleuze's early texts. Indeed, it is always as if it was "in state of nature" that thought remains inactive, stupid, making efforts to stay that way. "Culture" will be charged of "erecting" man, making him able to react (Nietzsche and Philosophy, 1962). We will try to unravel this knot where aesthetics, politics and thinking all meet, at the beginning of Deleuze's philosophic work.