L’aliénation dans les romans d’Octave Mirbeau de 1881 à 1913

par Elise Fontvieille Gorrez (Fontvieille)

Projet de thèse en Litterature française

Sous la direction de Pierre Bazantay.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, lettres, langues (Rennes) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Cette thèse sur Octave Mirbeau (1848-1917) se situera au carrefour de plusieurs domaines (littérature, sciences humaines et psychiatrie) qui tous se focalisent sur l’humain au cœur d’une société donnée : la France à la charnière du XIXe siècle et du XXe. Apparu vers le XIIIe siècle, le mot aliénation a été largement utilisé (droit, philosophie, psychologie, psychiatrie, politique et littérature). Il vient du latin alius (autre), alienus signifiant ce qui appartient à l’autre. Au fil du temps, il a pris une coloration négative, ce qui est autre ou appartient à un autre étant perçu comme hostile). La maladie mentale ne permettant plus d’être libre est aussi une aliénation (au XIXe siècle, les aliénistes sont les psychiatres). Puis les philosophes et les politiques (cf. Marx) étudient ce qui asservit l’être humain (raisons sociales, économiques ou religieuses) ; l’aliénation est alors perçue comme la base d’un système liberticide. Central dans l’œuvre de Mirbeau, ce concept reflète des aspects essentiels de la France de l’époque. Cette étude de ses romans, du Calvaire (1886) à Dingo (1913), tentera de montrer que cette aliénation est perçue comme la tension dialectique qui sous-tend la société. Elle constitue l’ossature d’une œuvre sinon méconnue, du moins mal connue à laquelle l’aliénation, dans ses diverses assertions, donne une forte unité : aliénation « des origines » (famille, éducation, religion catholique et valeurs de la société) ; aliénation au sens psychiatrique (cf. L’Abbé Jules et Le Calvaire); aliénation créatrice (les affres de l’écrivain). Aliénation qui peut donc conduire à son contraire, la liberté reconquise par le formidable truchement d’une œuvre.


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