Une mobilisation “sans mouvement” ? “Homoparentalité” : de la cause à la loi (1995-2013)

par Emmanuelle Yvert

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Benoit Bastard et de Violaine Roussel.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société , en partenariat avec ISP - Institut des Sciences sociales du Politique (laboratoire) et de Ecole normale supérieure Paris-Saclay (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    Les confrontations autour de l'homoparentalité ont émergé en France à la fin des années 1990, notamment à la faveur des débats sur le Pacs et de la reconnaissance légale de la conjugalité pour les couples homosexuels. La loi de 2013 ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe en France a marqué l'avènement de l'institutionnalisation des familles homoparentales et redéfinit ainsi plus largement le cadre normatif de la famille légitime. Au cours de cette période, on peut observer des mobilisations sporadiques d'acteurs diversifiés mais à aucun moment un mouvement social d'ampleur. L'objectif de ma thèse est de comprendre comment ce changement social majeur est advenu sur une période relativement courte et alors même qu'aucun mouvement social n'a émergé sur cette question. En somme, il s'agit de répondre à la question suivante : comment une mobilisation à succès « sans mouvement » est-elle possible ? Il s'agira donc d'étudier la manière dont des mobilisations à l'œuvre dans les champs associatif, politico-institutionnel, médiatique et judiciaire ont conduit aux transformations de la parenté, en faisant l'hypothèse que les rythmes propres à ces différents champs sont imbriqués et interdépendants. Cette thèse s'inscrit à la fois dans une sociologie des mobilisations et une sociologie de l'action publique. Nous utiliserons en effet les apports récents de l'analyse de l'action publique qui, loin d'en faire le produit exclusif d'activités politico-bureaucratiques, la saisit comme l'effet plus complexe de mobilisations engageant des acteurs centraux du jeu politique et institutionnel mais également d'autres types d'intervenants (associations LGBT, journalistes, avocats, « experts », etc.). L'action publique apparaît dès lors comme coproduite par des logiques d'acteurs diversifiés en interdépendance. L'originalité de cette thèse sera de tenir ensemble ce qui est habituellement travaillé séparément – les mobilisations d'un côté et l'analyse des politiques publiques de l'autre – afin de restituer l'ensemble du processus qui a conduit à ce changement social.

  • Titre traduit

    A mobilisation "without mouvement" ? Gay and lesbian parenthood in France (1995-2013)


  • Résumé

    En cours...