Enjeux de formalisation et de traçabilité des compétences et de production de connaissances autour d'outils numériques. Le cas du e-livret dans l'Enseignement Supérieur pour des étudiants-apprentis

par Bruno Simon

Projet de thèse en Sciences de l'Information et de la Communication

Sous la direction de Christian Bourret.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec Dicen IDF - Dispositifs d'information et de communication à l'ère numérique – Paris, Ile-de-France (laboratoire) depuis le 01-12-2015 .


  • Résumé

    Cette révolution numérique et ses supports créent de nouvelles hybridations et de nouveaux défis à la lisière des mondes entrepreneuriaux et académiques pour lesquels les logiques pédagogiques, dans lesquelles je m'inscris dans la filiation de mes prédécesseurs, auront plus que jamais toute leur place. C'est cette nouvelle hybridation et les enjeux qui en découlent que je souhaite étudier dans mon projet de recherche. Il s'agit donc d'aborder un sujet à la frontière des sciences de l'information et de la communication et des sciences de l'éducation autour des usages de nouveaux dispositifs médiateurs (e-livret notamment) et donc d'articuler connaissances individuelles et données émanant des apprenants à une perspective de meilleure compréhension de ce secteur important de formation. Les formations dans lesquelles j'enseigne à l'UPEM me fourniront le terrain pour mener à bien cette recherche, les CFA (Centres de Formation d'Apprentis) partenaires, m'ayant d'ores et déjà donné leur accord. Progression du travail envisagée : 1. Un contexte général en pleine évolution : crise économique et révolution numérique questionnent le système de formation Pour mieux répondre aux besoins de la société, le rôle des Universités en France est en profonde mutation. Je souhaite aborder ces évolutions à partir d'éléments de réflexions sur le suivi des acquis des étudiants en apprentissage avec la notion de formation tout au long de la vie à partir d'outils spécifiques ou artefacts médiateurs (e-livret, supplément au diplôme …) et de leur rencontre avec d'autres enjeux : notion de situation de formation, questions des compétences, de l'organisation apprenante, de sa virtualisation, de la formation « durable » ou de promotion de l'entrepreneuriat, tout cela contribuant à élargir le rôle des Universités dans un contexte de crise à la fois économique et du lien social, dans les entreprises et plus largement dans toute notre société et d'accentuation de la mobilité des travailleurs. La France cherche son positionnement pour concilier enseignements théoriques et pratiques professionnelles.. Il s'agit de valoriser de nouvelles modalités de formation entre les jeunes des classes préparatoires qui ne sont jamais allés sur le terrain et ceux des filières professionnelles qui n'ont pas vraiment de formation à dimension théorique. Il s'agit d'approfondir la voie de l'alternance en conjuguant théorie et action. C'est tout le défi des formations en alternance et, en particulier, en apprentissage, qui est au cœur de cette communication. Ce défi de mise en place de nouvelles modalités de formation rencontre tout naturellement la « révolution numérique » et l' « humanisme numérique ». 2. Les nouveaux enjeux de la formation tout au long de la vie et de l'organisation apprenante Ces nouveaux enjeux de formation rejoignent ceux de l'organisation « apprenante », appréhendée dans deux dimensions complémentaires : elle forme à la fois ses salariés (développement de leurs connaissances et compétences) et apprend aussi d'eux (se forme : développe ses connaissances, avec également la notion de forme organisationnelle construite à partir de toutes les interactions entre tous les acteurs), s'enrichit de toutes leurs compétences (l'organisation pouvant être appréhendée comme un portefeuille des compétences de tous ses agents). 3. Positionnement scientifique et méthodologie de recherche-action En plaçant cette recherche dans une approche constructiviste de construction de la réalité sociale par les acteurs (Le Moigne, 1999 ; Corcuff, 1999) et d'intelligence de la complexité (Morin et Le Moigne, 2003), nos réflexions se situent dans le champ de l'interdiscipline des Sciences de l'Information et de la Communication, dans la perspective proposée par F. Bernard (2006) d'articulation des problématiques du lien (interactions), du sens, du savoir, pour l'action. Ils relèvent aussi d'un positionnement de recherche-action (Meyer, 2006) : produire des connaissances pour l'action en les restituant à tous les acteurs concernés. Nous privilégions l'analyse de situations créées par l'usage d' « artefacts médiateurs » (Vygotsky, 1978) comme le livret électronique de l'apprenti (e-livret), en nous appuyant notamment sur les analyses de la SAR – Sociologie de l'Acteur Réseau. Ces « objets culturels » envisagés par Y. Jeanneret, pouvant devenir des « actants » ordinaires au même titre que les humains. Nous étudierons aussi le document « supplément au diplôme » mis en place dans le cadre des nouvelles accréditations de diplômes universitaires. Ce document vise à favoriser la transparence et la reconnaissance académique et professionnelle des études dans l'Union Européenne. Il s'inscrit dans une démarche compétences permettant ainsi une meilleure compréhension, notamment par les acteurs socio-économiques, des acquis d'apprentissages associés au diplôme obtenu. Cette démarche a aussi pour but de favoriser la mobilité des étudiants dans tous les pays de l'Union Européenne. Cette approche compétences est aujourd'hui étroitement associée à la délivrance des diplômes des Universités. Nous partirons d'une approche par les situations et les interactions avec la sémiotique situationnelle et interactionniste proposée par A. Mucchielli (2010), en appréhendant aussi les changements successifs qui interviennent, en nous plaçant dans une démarche processus (amélioration continue relevant des démarches Qualité), en intégrant également les émotions (Damasio, 1994 ; Martin-Juchat, 2008) dans leur lien avec les motivations, avec la convergence des intelligences situationnelle et émotionnelle et des représentations sociales des acteurs. Ce projet de thèse s'appuiera à la fois sur l'analyse des e-livrets (avec toutes les précautions nécessaires / données personnelles : accord des apprenants et anonymisation) et sur des entretiens avec les apprenants et les autres acteurs de ce processus de formations (responsables de formations, enseignants, responsables de CFA, maîtres d'apprentissage, tuteurs …). Le défi sera notamment de transformer à partir de situations de formation (appréhendées comme des situations d'information et de communication) et d'interactions (avec notamment le suivi personnalisé de l'apprenti et les réunions de comité de pilotage) des données le plus souvent personnelles en connaissances collectives pour contribuer à une réflexion sur l'évolution des formations en alternance. Nous préciserons ainsi le concept de « formation durable » avec un outil de suivi des compétences et des connaissances acquises tout au long de la vie. Ces enjeux de traçabilité pourront être comparés à ceux du parcours de soins du patient reposant aussi sur la mise en place de dispositifs socio-techniques (notamment dossier médical personnel informatisé). Dans une perspective relevant des « humanités numériques » (M. Doueihi), il s'agira d'analyser des processus d'hybridation des connaissances produites à la fois à partir d'outils traditionnels et de nouveaux dispositifs socio-techniques.

  • Titre traduit

    issues of formalization and traceability of skills and knowledge production using digital tools The case of e-book in higher education for students apprentices


  • Résumé

    Non