La dynamique des règles démocratiques dans les entreprises de l’économie sociale entre innovation et banalisation – Une approche institutionnaliste à partir d’études de cas historiques et contemporaines

par Sylvain Celle

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Florence Jany-Catrice.

Thèses en préparation à Lille 1 , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management (Villeneuve d'Ascq) , en partenariat avec Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (laboratoire) , Centre de Recherche sur les Institutions, l'Industrie et les Systèmes Économiques d'Amiens (equipe de recherche) et de Institut Godin (Association) depuis le 07-11-2014 .


  • Résumé

    Cette thèse s’intéresse aux dynamiques historiques et contemporaines des règles démocratiques dans les entreprises de l’économie sociale. L’économie sociale apparait en effet comme un terrain d’enquête privilégié (mais souvent oublié) des débats actuels autour de la démocratisation des entreprises et de l’économie. Un des apports de l’institutionnalisme historique en économie est de mettre l’accent sur les règles sociales et leurs changements à différentes échelles (micro, méso, macro) afin de comprendre l’évolution des phénomènes économiques observés. Ce cadre théorique peut à ce titre se révéler heuristique pour éclairer la question controversée de la démocratie dans les entreprises de l’économie sociale, qui semble balancée entre des logiques d’innovation et de banalisation. Dans la première partie de la thèse, nous soulevons un certain nombre d’enjeux épistémologiques, théoriques et méthodologiques liés à la question des règles démocratiques dans les entreprises de l’économie sociale. Nous discutons des apports et limites de la littérature scientifique autour de l’économie sociale et solidaire sur le sujet, et nous proposons ensuite un cadre d’analyse à partir d’une littérature relevant principalement de l’économie politique institutionnaliste (et notamment de la théorie de la régulation). Nous développons ce cadre d’analyse institutionnaliste dans la deuxième partie empirique de la thèse. Nous proposons d’abord une périodisation de l’économie sociale en distinguant différents compromis institutionnels et organisationnels depuis le XIXe siècle. Nous approfondissons l’analyse des règles démocratiques à partir de trois études de cas d’entreprises de l’économie sociale situées en Picardie sur une période allant du XIXe siècle à aujourd’hui. Ces études de cas, qui s’appuient notamment sur un travail d’archives, nous permettent d’observer de près la dynamique des règles démocratiques au sein d’entreprises d’économie sociale, tout en prenant soin de situer ces expériences dans les compromis d’économie sociale. Un dernier terrain d’enquête, qui s’appuie notamment sur notre expérience professionnelle, s’intéresse au développement récent de dispositifs d’innovation sociale et d’impact social dans les entreprises de l’économie sociale. Cet éclairage historique et actuel nous permet de proposer quelques pistes conclusives sur les (im)possibilités d’une véritable démocratie dans une économie sociale dominée par le capitalisme néolibéral.


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