La place de la presse traditionnelle chinoise dans l’espace public à l’ère numérique - le cas du quotidien régional Shenyang Ribao.

par Xifei Wang

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et communication

Sous la direction de Francis Balle.


  • Résumé

    Il existe en République populaire de Chine un espace public au sens de Bernard Miège, lieu où sont débattus les problèmes sociétaux et où peut être critiquée l’action publique. La presse en était, depuis les années 1980, le principal médiateur, voire le seul acteur faisant le lien entre l’opinion publique et le pouvoir politique. Cependant, ce monopole a été remis en cause dès 2000, par l’irruption dans cette sphère publique de nouveaux médias, nés d’Internet, permettant une expression plus directe de l’opinion publique. Avec l’arrivée de cette réintermédiation, la presse écrite s’est adaptée en adoptant de nouveaux outils et en s’invitant sur les weibo, les boutiques d’applications mobiles et les autres réseaux sociaux. On parle de convergence des médias. Pourtant, les nouveaux modèles développés par les médias traditionnels sont fragiles et, en se fondant plus sur la recherche des profits que sur la recherche de la vérité des faits, la presse tend à s’éloigner de ce rôle de divulgation des problèmes sociétaux. Et cela d’autant plus que si l’État, par la mise en œuvre de moyens de contrôle de l’information sur Internet, peut sembler en faveur de la presse, sa stratégie d’orientation de l’opinion, qui privilégie les plateformes internet en concurrence avec les médias traditionnels, ferme la porte à un retour en force du journal papier comme médiateur dans l’espace public. Ces transformations, qui redéfinissent la place de la presse dans l’espace public, sont analysées à travers le prisme d’études développées par des auteurs français pour la presse française, et s’appliquent au quotidien régional du nord-est de la Chine, Shenyang Ribao, qui depuis sa naissance en 1949 fut tantôt précurseur, tantôt spectateur impuissant de ces évolutions.

  • Titre traduit

    The place of the traditional Chinese press in the public space in the digital age - the case of the regional daily Shenyang Ribao.


  • Résumé

    In the People’s Republic of China, there is a public space in the sense defined by Bernard Miège, a place where societal problems are debated and where public actions are criticised. The press has been its main mediator since the 1980s, and even the only actor capable of publicising those societal problems and of creating a link between public opinion and political power. But this monopoly has been called into question since the 2000s by the eruption of new media, originating from the Internet, into this public sphere, allowing a more direct expression of public opinion. The written press has adapted to this reintermediation by adopting some of the new tools, such as websites, weibos, mobile apps and social networks. This phenomenon is called media convergence. However, the new models developed by the traditional media are fragile and, because these models are based more on the search for profits than on the search for the truth in the form of facts, the press tends to move away from the role of publicising societal issues. This is especially true since, if the State, by controlling the spread of information on the Internet, can seem to be in favor of the press, its strategy of orientation of the opinion privileging these same platforms which compete with the traditional media closes the door on the possibility of print newspapers making a comeback as mediators in the public space. These transformations, which redefine the role of the press in the public space, are analysed by applying concepts developed by authors writing about the French press to the study of the case of a regional daily in the North-East of China, Shenyang Ribao, which since its birth in 1949 was at times a forerunner, at times a spectator of these developments.