Bourges, une ville médiévale en reconstruction après le grand incendie de 1487

par Marie Lafont

Projet de thèse en Doctorat d'Histoire de l'Art

Sous la direction de Alain Salamagne.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 22-09-2015 .


  • Résumé

    Bourges, un temps capitale du royaume de France au XVe siècle , l’une des « bonnes villes » du royaume comptait au XVe siècle entre 15 et 16 000 habitants. Son développement économique, vers 1450, résulta encore du rôle joué par de grands marchands, notamment de Jacques Cœur (v.1400-1456), grand argentier du roi Charles VII (1429-1461). En 1484, la ville obtenait en outre le privilège de l’implantation des foires de Lyon qui témoignait de son rôle de carrefour commercial. Le grand incendie de Bourges du 22 juillet 1487, qui détruisit plus d’un tiers de la ville, a été le point de départ d’une reconstruction qui devait profondément renouveler le paysage urbain. L’Inventaire du Patrimoine de la Région Centre a ainsi relevé l’existence de plus de 430 maisons en pan de bois dont la grande majorité a été construite dans les quinze années qui ont suivi le grand incendie. Dans le même temps, la ville devait prendre en charge la restauration des bâtiments publics détruits ou entreprendre la construction d’édifices édilitaires nouveaux, ainsi de l’Hôtel des Échevins dès 1488. La conservation exemplaire de l’architecture de la fin du Moyen Âge va de pair avec celle des archives postérieures à 1487. À partir de cette date, les délibérations municipales et les comptes municipaux sont presque intégralement conservés et permettent de suivre et de tenter de comprendre la reconstruction d’une ville médiévale à la suite d’un tel sinistre. Les minutes notariales nous renseignent aussi sur les ventes de parcelles et sur leur aménagement, d’autres pièces encore témoignant des mesures prises contre le retour des incendies. Pour autant, depuis les travaux d’érudition des XIXe et XXe siècles, l’histoire de Bourges et de son patrimoine n’ont pas bénéficié d’études récentes pour la fin du Moyen Âge, à l’exception des approches comparatives de David Rivaud sur les rapports entre pouvoir royal et pouvoirs urbains. L’étude croisée des sources écrites, iconographiques, planimétriques et architecturales permettra d’analyser les interactions qui agissent dans le cadre de la reconstruction d’une ville médiévale (pouvoirs constitués, main d’œuvre, conditions de la construction, matériaux, caractéristiques du bâti, etc.). Comment une ville gère-t-elle l’obligation de rebâtir plus d’un tiers de son espace? De quels moyens va-t-elle disposer pour agir sur le projet urbain, moyens juridiques, financiers, matériels? Cette reconstruction s’accompagne t-elle d’un remembrement du parcellaire, de modifications de la trame urbaine, de choix architecturaux nouveaux ?


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