"Interculturalité et violences verbales dans les discours médiatico-politiques en France : enjeux sémantiques et socio-discursifs autour de racisme, islamophobie et antisémitisme".

par Adingbossou Akpo

Projet de thèse en Sciences du langage et français langue étrangère

Sous la direction de Nathalie Garric.

Thèses en préparation à Nantes , dans le cadre de ALL - Arts, Lettres et Langues (Nantes) depuis le 25-10-2014 .


  • Résumé

    À quoi tient la « dynamique » argumentative des discours racistes, islamophobes et antisémites comme formes de violences, indices du rejet de l’altérité dans l’espace du débat public français en dépit des textes de lois les sanctionnant ? Partant de ce questionnement qui expose la « faille » des contre-discours, notre étude interroge la signification lexicale des « dénominations » (Kleiber, 1981) racisme, islamophobie et antisémitisme ; et surtout, leur sens discursif saisis dans des conflits interlangagiers de valeurs et d’idéologie à travers les « nominations » (Siblot, 2001). Avec une méthodologie à fois qualitative et quantitative, l’analyse s’appuie sur un vaste corpus hétérogène de discours issus notamment de la presse française mais aussi du web et s’inscrit dans un espace théorique pluriel, certes, mais centré sur la théorie Sémantique des Possibles Argumentatifs (Galatanu, 1997, 2018). Les analyses qualitatives articulées à la statistique textuelle opérée avec les logiciels Le Trameur, TreeCloud et Lexoci3 ont permis d’obtenir de nombreux résultats. Les mots racisme, islamophobie et antisémitisme sont des « objets sociaux » (Searle, 1998) qui n’apparaissent pas que dans des contextes discursifs d’accusation et de rejet de l’accusation. Les faits qu’ils désignent sont exprimés par des stratégies paraphrastiques. S’ils vérifient presque tous les caractères « formulaire » (Krieg, 2000a), le « référent social » par exemple, islamophobie et antisémitisme sont définis par rapport à racisme et partagent le trait /hostilité/ dans leurs noyaux de signification. Contrairement aux deux autres mots, islamophobie n’est construit, dans l’interdiscours, ni comme « théorie », ni comme « idéologie » ; mais ils sont tous, outre quelques spécificités, portés par les modalités doxologique, éthique-morale et pragmatique. Pris en charge par les pronoms de la troisième personne du singulier, les discours racistes, islamophobes et antisémites présentent un lexique émaillé d’insultes axé sur la problématique des affaires socio-politiques, la critique de l’immigration, de l’islam, des juifs et une structure discursive récitativo-dialogale marquée par l’euphémisme, l’allusion et le cryptage ; alors que les contre-discours se dispensent de marques énonciatives, présentent un lexique structuré autour de racisme, islamophobie, antisémitisme avec un exposé des récriminations adverses étayé de commentaires journalistiques exempts de grossièretés et une structure discursive polyphonique.

  • Titre traduit

    “Interculturality and verbal violence in media-political discourse in France. Semantic and socio-discursive issues around racism, islamophobia and antisemitism”


  • Résumé

    What is the argumentative "dynamic" of racist, islamophobic and anti-semitic discourses as forms of violence, indicative of the rejection of otherness in the space of French public debate despite the legal texts sanctioning them ? Starting from this questioning which exposes the "flaw" of the counter-speeches, our study questions the lexical meaning of "denominations" (Kleiber, 1981) racism, islamophobia and anti-semitism, and their discursive meaning through the conflicts of "nominations" (Siblot, 2001). With a methodology that is both qualitative and quantitative, the analysis is based on a large and heterogeneous corpus of press discourse and is part of a plural theoretical space centered on the Semantics of Possible Arguments (Galatanu, 1997). Qualitative analyzes linked to the textual statistics performed with Le Trameur, Tropes, TreeCloud and Lexoci3 software have yielded many results. The words racism, islamophobia and anti-semitism are "social objects" (Searle, 1998) that do not only appear in discursive contexts of accusation and rejection of the prosecution. If they check almost all the "form" characters (Krieg, 2000c), the "social referent" for example, islamophobia and anti-semitism are defined in relation to racism and share the trait / hostility / in their kernels of meaning. Unlike the other two words, islamophobia is not constructed in language as either "theory" or "ideology"; but they are all driven by the doxological, ethical-moral and pragmatic modalities. Supported by the pronouns of the third person singular, racist, islamophobic and anti-semitic discourses present a lexicon enamelled insults focused on the issue of socio-political affairs, criticism of immigration, Islam, Jews and a narrative-dialogical discursive structure marked by euphemism, allusion and encryption; while counter-discourses dispense with enunciative marks, present a lexicon structured around racism, islamophobia, anti-semitism with a description of the opposing recriminations supported by journalistic comments free from profanity and a descriptivo-polyphonic discursive structure (Bakhtine, 1975).