Le passage de l'oralité à la scripturalité : tensions et défis pour l'insertion de l'immigré ivoirien en France

par Henri Okaigne

Projet de thèse en Sciences de l'education


Sous la direction de Didier Moreau et de Martine Morisse.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de ED Sciences sociales , en partenariat avec Centre de recherche interuniversitaire, expérience, ressources culturelles, éducation (equipe de recherche) depuis le 14-10-2015 .


  • Résumé

    Les travaux que nous avons entrepris pour cette thèse s’inscrivent dans le cadre de la philosophie de l’éducation. Plus spécifiquement, ceux-ci traitent de la thématique de l’éducation et de la formation comparée. Nous nous assignons pour objectif de démontrer que la reconversion de la culture orale à la culture écrite est possible. Notamment dans le cas de l’immigré venu d’Afrique (culture orale) pour s’établir en France (culture scripturale) Il s’agit en fait d’une rencontre entre deux cultures : la culture orale et la culture écrite. Ces travaux ont la prétention de relever, entre autres, les conséquences les conséquences du passage de l’oral à l’écrit sur la vie du migrant, mais également sur l’environnement hôte. En d’autres termes, que devient le migrant, le voyageur, l’aventurier, après avoir posé ses valises à destination ? L’immigrant perd- t-il sa culture d’origine ou l’enrichit-il avec de celle du pays d’accueil ? Qu’apporte-il en retour au pays d’accueil ? Autant de questions qui finalement ramènent aux enjeux du voyage que décide d’entreprendre le migrant africain. Cette démarche de voyager s’inscrit dans la tradition humaniste. Cette dernière qui dévoile les deux visions du voyage s’appuie sur une aspiration à des droits et une projection dans l’espace liée au cosmopolitisme. Ainsi, nous aurons d’un côté, les « proficiens » et de l’autre, les « peregrinans ». Dans tous les cas, le migrant qui est appelé à faire le récit de son aventure, témoigne d’une expérience significative personnelle soit d’enrichissement, soit de métamorphose, soit encore de dépouillement, d’ascèse, de délivrance et de conversion. Comment pourrait-il en être autrement ? Cette exigence prend un accent particulier quand il s’agit d’opérer un choix linguistique. Celui du passage de l’oralité à la scripturalité. Se faisant, on ne peut parler d’immigration sans expliquer les rapports qu’entretiennent l’écriture et l’oralité qui sont des questions substantielles à sa compréhension. Une aventure humaine qui ouvre sur un entre-deux culturel où les tensions et les défis constituent l’essentiel de la vie du migrant pour son insertion. Avec ses hauts et ses bas, avec ses joies et ses peines, ces tensions et ces défis vont se traduire par des phénomènes de rejet, de sentiment d’exclusion sociale, d’acculturation à l’écrit, de transculturation, de différenciation de rapports à la réalité et au savoir. A travers ces récits de vie, ces témoignages et ces trajectoires individuelles qui tiennent également compte de l’écriture comme mode de narration de ses pérégrinations, le migrant exprime ses difficultés. L’écriture devient alors pour lui, un lieu de repli sur soi, un refuge. Pour passer toutes ces réalités théoriques au banc de l’essai, nous avons dû nous rendre sur le terrain en Côte-D’ivoire pour procéder à une enquête qualitative. L’objectif étant le choix d’orientation de la vie et les critères d’insertion du migrant au regard de l’utilisation qu’il fait de sa langue maternelle en France. Son rapport singulier à la pratique de l’oralité qui s’inscrit dans la tradition culturelle de la Côte-d’Ivoire et les influences que celle-ci pourrait avoir sur son insertion. Les techniques de recueil des données telles la triangulation et le choix d’un échantillonnage représentatif ont été préférés. Il s’agit pour nous à partir du récit des migrants comme support de notre enquête sous forme d’entretiens compréhensif ou narratif semi-directif, de découvrir les récurrences qui s’y cachent afin de construire un modèle. Ainsi, nous accéderons à la compréhension de ce qui, dans les usages linguistiques du migrant, reste attaché à des formes incompatibles (tensions) avec son monde nouveau, son pays d’accueil qu’il doit surmonter (défis). Les conclusions des analyses des données nous conduiront sur des pistes pour le dégagement des compétences professionnelles en vue de l’accompagnement de ces migrants.


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