Des superhéroïnes à Gotham City: une étude de la redéfinition des rôles genrés dans l'univers de Batman.

par Sophie Bonade

Projet de thèse en Langues étrangères appliquées

Sous la direction de Brigitte Gauthier et de Réjane Hamus-vallee.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société , en partenariat avec SYNERGIES LANGUES ARTS MUSIQUE (laboratoire) et de université d'Evry-Val-d'Essonne (établissement de préparation de la thèse) depuis le 23-10-2014 .


  • Résumé

    Depuis un peu plus de cinq ans, les super-héroïnes font l'objet d'un triple discours : D'une part les éditeurs de comic-books se félicitent de l'arrivée de nouvelles super-héroïnes dans les récits de super-héros ainsi que de nouvelles créatrices dans l'industrie du comic-books. En effet le nombre de séries ayant pour personnage principal une super-héroïne est en nette augmentation depuis les années 1970, et davantage encore depuis les années 2000. Les femmes sont aussi plus nombreuses dans la profession , même si celle-ci reste avant tout masculine . À ces faits se superpose une critique, venant du grand public américain -particulièrement des milieux féministes- qui s'interroge sur la représentation générale des femmes dans la culture populaire . Plusieurs polémiques, concernant les super-héroïnes, ont vu le jour dans ces dernières années : l'hypersexualisation du personnage féminin sur la couverture du numéro 1 de Spiderwoman dessinée par Milo Manara , l'absence de films centrés sur le personnage de la Veuve Noire, membre des Avengers , alors que ses coéquipiers masculins ont tous été –à l'exception d'Œil de Faucon- les protagonistes d'un ou plusieurs films . Cette polémique autour du personnage de la Veuve Noire en cache une autre: sur 53 adaptations de comic-books réalisées entre 2000 et 2015, seules deux avaient pour personnage principal une femme : Catwoman et Elektra . Ces deux films furent des échecs, tant du point de vue des critiques que financiers. Un troisième discours émerge des milieux universitaires qui, depuis les années 1970 –aux États-Unis et au Royaume-Uni – et les années 2000 –en Europe,- se sont emparés des récits super-héroïques comme d'un sujet méritant d'être étudié. Ces recherches ont offert un champ d'études florissant, mais qui reste avant tout centré sur des personnages masculins. Les super-héroïnes sont souvent citées pour mettre en avant les problèmes spécifiques qu'elles soulèvent , elles font parfois l'objet d'un chapitre entier d'un ouvrage , mais elles ne sont que très rarement l'objet et sujet principal des recherches sur les super-héros. Ma recherche est partie de cette superposition de discours pour essayer de les démêler et d'étudier quelle est la réelle évolution des super-héroïnes depuis le début des années 2000 et le développement massif des adaptations transmédiatiques –cinématographiques, télévisuelles et vidéoludiques-. Cette étude s'intéresse au développement de comic-books ayant pour personnage principal une super-héroïne et à la mise en récit de ces personnages féminins. Mon étude est centrée autour de l'univers de DC comics. Cette recherche se concentre sur la production et les contenus. Si la réception est parfois abordée, elle n'est pas un aspect dominant de ma thèse. La réception est un domaine trop important pour n'être qu'une partie de cette recherche. Je l'envisage comme une recherche complémentaire à mener après cette thèse.

  • Titre traduit

    Superheroïnes in Gotham City: A study about redefinition of gender roles in the Batman universe .


  • Résumé

    For a little more than five years, three different viewpoints about female superhereos have appeared: First the publishers' viewpoint who are glad about the new wave of female characters in comic-books magazine and the new wave of female creators in the comic-books professions. Indeed, the number of comics with female protagonists have increased since 1970 and even more since 2000. Moreover women have been more numerous in the comic-books industry even if most of the workers are still men . Another viewpoint, comes from the American audience -especially from feminist - who are questioning the representation of women in pop culture and female superheroes too. Several polemics have started during the last years. As an example, the hypersexualization of female character on Spiderwoman's cover by Milo Manara . An other example, the fact that Black Widow is the only member of the Avengers team – with the exception of Hawkeye- not to have her own movie . Furthermore since 2000 there has been 53 movies about comic books and only two of them have focused on a female superhereos : Catwoman and Elektra . Both of them were financial failure and got poor reviews. A third viewpoint arises from the academia, where superheroes studies have emerged since 1970 in Anglo-Saxon university and 2000 in European ones. Superheroes studies are a very flourishing (and stimulating) field of studies, but more focus on male superheroes. Female superheroes are often just mentioned, sometimes they are the topic of a book's chapter but they never are the main subject of an entire study. My research is at the intersection of these three viewpoints. I am trying to understand the true evolution of female superheroes since the massive development of transmedia's adaptations (2000) –film adaptation, tvshow adaptation and video game adaptation-. This research focuses on comics with female protagonists and the storytelling of these female characters. My research is focus on DC comics universe. My PhD is about production and contents of these comic books and their adaptations. If I sometime address the issue of public's reception of these works, it's not a dominant facet oh my research. Reception is a field too vast to be just a simple part of my research. I plan to study the reception, in a second time, after the end of my PhD.