Sociétés de frontière et constructions de l’État-nation en Espagne et en France (1780-1920) : le cas du Pays Basque.

par Benjamin François Duinat

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Javier Moreno Luzón et de Patrick Cabanel.


  • Résumé

    L’étude comparée et croisée des comportements marqués par la dissidence, ou, au contraire, l’adhésion aux constructions de l’État-nation au sein des sociétés de frontière du Pays Basque, entre les années 1780 et 1920, constitue une clef de lecture faisant défaut aux historiographies espagnole et française. Il s’agit d’entremêler deux perspectives complémentaires : d’un côté, une histoire comparée de nationalisation des masses et de politisation par le bas, de part et d’autre des Pyrénées et de la Bidassoa ; de l’autre, une histoire croisée de la façon dont la frontière est perçue, vécue et appropriée par les populations basques : l’espace considéré forme à la fois une limite géopolitique et une zone de contacts dans le cadre d’un voisinage transfrontalier. Entre les Basques d’Espagne et de France, les similitudes semblent grandes vues de l’extérieur : c’est le propos de Victor Hugo (1843) ; mais on constate de fortes dissemblances si l’on modifie l’échelle d’analyse : c’est l’idée défendue par Élisée Reclus (1867). La période envisagée est large. Le terminus post quem se situe dans les années 1780 et permet de tenir compte de deux événements : le traité d’Elizondo (1785), première tentative, infructueuse, de définition rigoureuse de la frontière depuis le traité des Pyrénées ; la Révolution française et les bouleversements socio-politiques qu’elle entraîne non seulement en France, mais aussi en Espagne à partir de la guerre des Pyrénées (1793-1795). Dans une perspective comparée, un terminus ad quem situé au début du XXe siècle favoriserait sans doute l’idée d’une « mélancolie espagnole » liée à la supposée faiblesse des constructions étatique et nationale, tandis que la France est alors déjà considérée comme un État-nation achevé. Or, le règne personnel d’Alphonse XIII constitue une intense période de politisation, de nationalisation des masses et de développement de l'État. Poursuivre la recherche jusqu’au début des années 1920 permet donc de tenir compte des temporalités propres à chaque territoire. Enfin, d’un point de vue méthodologique, la recherche est réalisée par le biais de la socio-histoire et la micro-analyse dans le but d’étudier à nouveaux frais des mentalités auxquelles on prête parfois une intemporalité abusive et d’intégrer les expériences de vie quotidienne des frontaliers dans une histoire qui ne se réduit pas à une simple approche juridico-événementielle.


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  • Titre traduit

    Sociedades de frontera y construcciones del Estado-nación en Francia y en España (1780-1920) : el caso del País Vasco.


  • Résumé

    El estudio comparado y cruzado de los comportamientos caracterizados por la disidencia, o, al contrario, la adhesión a las construcciones del Estado-nación en el seno de las sociedades de frontera del País Vasco, entre 1780 y 1920, constituye una clave de lectura que carece a las historiografías española y francesa. Se trata de entremezclar dos perspectivas complementarias: por una parte, una historia comparada de nacionalización de las masas y politización por abajo, de una parte u otra de los Pirineos y del Bidasoa; por otra parte, una historia cruzada de la manera cuya la frontera es percibida, vivida y apropiada por las poblaciones vascas: el espacio considerado constituye a la vez un límite geopolítico y una zona de contactos en un marco de vecindad transfronteriza. Entre Vascos de España y Francia, las similitudes parecen grandes de un punto de vista exterior: es lo que dijo Victor Hugo (1843); pero se notan importantes disimilitudes si se modifica la escala de análisis: es la idea defendida por Élisée Reclus (1867). El periodo considerado es largo. El terminus post quem se sitúa en los años 1780 y permite tener en cuenta dos acontecimientos: el tratado de Elizondo (1785), primer intento, infructuoso, de definición rigurosa de la frontera desde el tratado de los Pirineos; la Revolución francesa y los cambios socio-políticos que supone no sólo en Francia, sino también en España a partir de la guerra de los Pirineos (1793-1795). En una perspectiva comparada, un terminus ad quem situado en principios del siglo XX favorecería seguramente la idea de una “melancolía española” vinculada con la supuesta escasez de las construcciones estatal y nacional, mientras Francia se considera entonces un Estado-nación acabado. Ahora bien, el reinado personal de Alfonso XIII constituye un intenso periodo de politización, de nacionalización de las masas y de desarrollo del Estado. Proseguir la investigación hasta los principios de los años 1920 permite tener en cuenta las temporalidades propias de cada territorio. Por último, de un punto de vista metodológico, la investigación se realiza mediante la socio-historia y el micro-análisis, con el fin de pensar de nuevo las mentalidades a las cuales se presta a veces una intemporalidad abusiva e integrar las experiencias de vida cotidiana de los fronterizos en una historia que no se reduce a su única dimensión jurídico-cronológica.