Le mythe en sémiotique

par Santiago Guillen

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Pierluigi Basso.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 02-10-2015 .


  • Résumé

    Le mythe a été l’objet d’étude privilégié dans les connexions étroites et productives entre l’anthropologie et la sémiotique. Cet échange prolifique semble vivre un temps d’arrêt car, d’une part, la formation des nouveaux sémioticiens ne passe que rarement par d’examens d’anthropologie, d’autre part, la sémiotique a perdu progressivement son aptitude critique par rapport aux productions de masse et aux communications médiatiques. En effet, il y a avait deux éléments d’origine dans le projet sémiotique : (i) le comparatisme, où la confrontation entre les langues se transformait immédiatement dans une caractérisation contrastives des organisations culturelles, (ii) la mission démystificatrice de Barthes, qui avait lancé un projet d’analyse de l’apparente trivialité du monde de la consommation, afin d’en montrer la sagacité et donc la force manipulatrice cachée. Si la thématique mythique semble être un peu sortie de l’agenda sémiotique, il faut remarquer qu’on assiste à la résistance de la tradition mythique dans la production des narrations (les manuels de storytelling et surtout le livre de succès sur comment écrire un scénario à Hollywood ne font que parler de transposition des mythes anciens), et qu’on active sans cesse des procédures de mythisation des personnages et des objets qui priment dans la communication médiatique. Cette étude, tout en tentant de mettre en évidence cette importance du mythe dans la culture actuelle, se veut une réactualisation du rôle du mythe dans la réflexion sémiotique. Ce projet de thèse veut alors réactualiser le rôle de la mythologie dans les études sémiotiques, en montrant d’une part comment les mythes classiques demeurent un interprétant privilégié des formes de vie et de la dialectique entre caractère et destin qui Walter Benjamin a si bien décrit ; d’autres part, notre travail voudrait expliciter les processus syntaxique de mythisation, qui tend à extraire des acteurs culturels du temps de la chronique médiatique pour les insérer dans un royaume des modèles indiscutables et résistants à l’analyse. On trouve alors deux aspects de l’enquête typique dans les sciences du langage : la résonance paradigmatique du mythe qui montre l’origine d’une classe actancielle et sa déclinaison dans la culture à travers des incarnations toujours différentes, l’élaboration syntaxique, où le mythe s’instaure et s’alimente à travers des discours, réalisés avec tous les langages possibles (de littérature au cinéma, de la musique à la gastronomie).


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