Ce qu'on dit / ce qu'on voit : perspectives dramaturgiques et esthétiques du théâtre vidéo-augmenté

par Mélissa Golebiewski

Projet de thèse en Etudes Théâtrales

Sous la direction de Jean-Loup Rivière et de Jean-Marc Larrue.

Thèses en préparation à Lyon en cotutelle avec l'Université de Montréal , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Ce projet de recherche en études théâtrales prend sa source dans la profusion et la variété, sur la scène contemporaine internationale, de formes composites mêlant théâtre et technologies vidéographiques. Si ces formes paraissent désormais courantes dans le paysage des arts de la scène, elles suscitent encore des réactions critiques et théoriques très polarisées sur la nature essentialiste du théâtre. L’hypothèse de ce projet de thèse naît donc de ces problématiques ontologiques mais également d’un constat phénoménologique soulevé par mes précédents travaux de Master, consacrés aussi bien aux relations entre miroir, dramaturgie et vidéo dans les mises en scène contemporaines d’Hamlet qu’à une étude de cas des dispositifs spectaculaires de la metteuse en scène britannique Katie Mitchell . En effet, face à ces formes composites, on a pu constater que l’ajout de technologies vidéo au dispositif de la représentation théâtrale ne va pas nécessairement de pair avec un effet d’addition, voire de surprésentation . La présence de projection vidéographique sur un plateau de théâtre ne vient pas toujours en complément de la vision, forcément non-appareillée, du spectateur, comme une prothèse permettant changements d’échelle ou de focale : elle vient avant tout modifier l’espace visible. Nous formulons, dans ce projet, l’hypothèse que ce bouleversement des perspectives qu’entraîne l’utilisation de vidéo au théâtre n’est pas seulement optique : il nous semble également dramaturgique, et ces deux dimensions, visuelle et textuelle, nous paraissent étroitement liées. Augmentation ou réduction de l’espace visible, mais aussi expansion ou resserrement diégétique et dialogique : la technique vidéographique, lorsqu’elle investit le plateau, modifie non seulement les formes mais aussi les écritures, créant entre ce qu’on dit et ce qu’on voit tantôt des trop-pleins, tantôt des béances. Et si ces modifications existent de fait, il nous appartient de définir sur quel mode elles apparaissent, et quels mouvements elles impriment sur la pensée du théâtre et de ses croisements médiatiques. L’idée directrice de la thèse sera donc d’étudier des spectacles faisant appel à des dispositifs permettant la captation et la projection de vidéo en direct, dans une perspective à la fois esthétique et dramaturgique. Ce croisement des approches soulève en effet une série de questions : la présence de vidéo sur scène donne-t-elle lieu à une saturation du visible, ou crée-t-elle de nouveaux points aveugles ? La multiplication des images par le biais de la caméra au plateau donne-t-elle vraiment davantage à voir, en multipliant ou en déplaçant les perspectives ? Comment peut-elle être un moyen de prise en charge dramaturgique ou narrative, et modifier la façon d’écrire et de raconter ? À travers ces questionnements, et en revenant aux œuvres spectaculaires elles-mêmes, nous devrions croiser un certain nombre d’axes de recherche et défricher un certain nombre de pistes qui nous permettront d’étudier comment s’articulent ces éléments – images et texte, visible et caché, live et reproduit – dans la perception globale parfois paradoxale du spectateur.


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