Etude comparative de la variation à un stade précoce chez des sujets natifs et non natifs dans les Pyrénées-Orientales

par MaÏ Leray

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Mireille Bilger et de Henry Tyne.

Thèses en préparation à Perpignan , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED (Perpignan) depuis le 16-09-2015 .


  • Résumé

    Cette thèse, qui s’inscrit pleinement dans les travaux en cours au sein du Centre de Recherches sur les Sociétés et Environnements en Méditerranées (CRESEM), a pour but d’apporter un éclairage nouveau sur la question de la maîtrise de la langue par des publics d’origines différentes résidant dans les Pyrénées-Orientales. L’objectif sera de mieux comprendre la maîtrise de la langue à travers l’étude de la « compétence sociolinguistique », c’est-à-dire par l’analyse fine des degrés de variation présents (ou pas) dans les productions langagières des diverses catégories de locuteurs. L’hypothèse majeure de ce travail est que l’insertion particulière de chaque locuteur dans la langue et la culture cibles peut s’objectiver à travers l’étude linguistique de leur palette variationnelle. Suivant l’idée de base que l’on retrouve dès les travaux de Bernstein dans les années 1950 en Grande-Bretagne , qui fait de la maîtrise plus ou moins « élaborée » de la langue une mesure permettant de comparer différents groupes de locuteurs, nous proposons de bâtir une étude comparative, tentant de démêler les différents facteurs qui aboutissent à une maîtrise plus ou moins variable de la langue. En termes d’analyse des données langagières, c’est dans le cadre de l’Approche Pronominale (Blanche-Benveniste et alii. 1987, 1990) et plus précisément par l’analyse syntaxique de séquences sujettes à la variation (qualitative et quantitative/distributionnelle, cf. Bilger & Campione, 2002 ; Tyne, 2009) que nous établirons une échelle de mesure de la variation permettant de décrire dans le détail les données de différents publics cibles (enfants de migrants « culturels », « économiques », « historiques » et natifs) retranscrites selon les normes reconnues (voir Bilger, 2008) et acceptées par les différents outils d’annotation et de d’analyse. Cette étude, reposant ainsi sur la comparaison des productions issues de publics différents dans des situations de parole équivalentes recueillies selon un même protocole constitue une contribution nouvelle aux recherches en cours concernant l’acquisition de la langue (L1 et L2) et à celles portant plus spécifiquement sur la description du français parlé et qui tendent à élargir le champ de la description en incluant la langue à des stades plus ou moins « aboutis » ou plus ou moins « périphériques » (par rapport à la langue standard). Cette thèse aura également à dessein de réinvestir les résultats tirés de l’observation de la langue et relevant de la maîtrise de la variation chez les jeunes locuteurs en expérimentant l’approche de la découverte des données appelée « data-driven learning » auprès des publics concernés. Au-delà des suppositions que nous avons quant aux divers degrés de réceptivité du public (selon qu’il soit apprenant, bilingue ou natif) face à l’émergence des phénomènes présents dans les données, cette démarche permettra d’approfondir plus particulièrement la question de la sensibilisation à la variation.


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