L'élite en ses territoires. Financiarisation, privatisation et grands projets urbains à Monterrey (Mexique)

par Leily Hassaine

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Virginie Baby collin.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Espaces, cultures, sociétés (355) .


  • Résumé

    Comment l’élite prend-elle les rênes de la production urbaine et fait-elle la ville pour elle-même ? Cette question est explorée à San Pedro Garza Garcia, la municipalité la plus riche du Mexique, localisée dans l’Aire métropolitaine de Monterrey. Lieu de résidence de l’élite depuis les années 1950, la municipalité est dorénavant réaménagée à partir de grands projets urbains adoptant les modes de production de la ville globale. Depuis plus d’un siècle, la coïncidence entre croissance économique et consolidation de l’élite rythme la production de la ville. L’étude de la production du territoire de l’élite, à partir de différents angles d’approches, économique, politique, social, permet la compréhension d’un territoire particulier de très forte agrégation sociale. L’analyse des projets d’aménagement urbain permet de saisir comment les fonds et outils financiers mobilisés, grâce à la création de fonds d’investissement, deviennent des leviers de pouvoir renforçant leur contrôle sur la gouvernance urbaine locale. La planification de projets dans lesquels le foncier est envisagé comme actif financier et la mise en patrimoine des projets génèrent une privatisation de la gestion urbaine ainsi que plusieurs objets urbains aux différents niveaux de fermeture (des tours et quartiers aux grands projets urbains). Cette thèse confirme des processus historiques : ces familles ont tout autant fabriqué la ville industrielle du XXe siècle qu’elles fabriquent aujourd’hui cette ville globale. Les nouvelles échelles de privatisation de la ville semblent alors reconfigurer l’espace métropolitain, entre dynamiques renouvelées d’agrégation et de ségrégation sociale

  • Titre traduit

    Elite in its territories. Financing, privatization and urban projects in Monterrey (Mexico).


  • Résumé

    How does the elite take the reins of urban production and make the city for itself? This question is explored in San Pedro Garza Garcia, the richest municipality in Mexico, located in the Metropolitan Area of Monterrey, in the northeast of the country. Home to the elite since the 1950s, the municipality is now being redeveloped from large urban projects adopting the production methods of the global city. For more than a century, the coincidence between economic growth and the consolidation of the elite has set the pace for the city's production. The study of the production of the elite territory, from different angles of approach, economic, political, social, allows the understanding of a particular territory of very strong social aggregation. The analysis of urban development projects become levers of power that strengthen their control over local urban governance. The planning of projects in which land is considered as a financial asset and the capitalization of projects by investment funds generate a privatization of urban management. These changes allow the elites to accentuate the isolation of the municipality, in which several urban objects are emerging at different levels of closure (from high-rise buildings and neighborhoods to major urban projects). This thesis confirms historical processes: these families manufactured the industrial city of the 20th century just as much as they manufacture this global city today. The new scales of privatization of the city, engendered by financial logics, seem to reconfigure the metropolitan space, between renewed dynamics of aggregation and social segregation.