Présences, fonctions et représentations du mal dans le théâtre contemporain. Etudes sur les caractères des anthropologies véhiculées par les oeuvres de Joël Pommerat, Olivier Py, Angélica Liddell et Wajdi Mouawad.

par Gabriel Perez

Projet de thèse en Théâtre

Sous la direction de Olivier Neveux.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 02-12-2014 .


  • Résumé

    Comme le montre Rancière, les normes de la représentation n’ont cessées de s’ouvrir, de la « mort de la figuration picturale » avec Carré noir de Malévitch (1915) à Shoah de Lanzmann (1985) « traitant de l’irreprésentable de la représentation », provoquant : « la suppression de toute frontière limitant les sujets représentables et les moyens de représenter » (Jacques Rancière, Malaise dans l’esthétique, Galilée, 2004, p. 164-6). Dans cette ouverture maximale qui se repère sur la scène contemporaine, la question de la norme se pose à travers la question du mal et de sa représentation (ce phénomène est déjà largement repéré dans les séries). J’étudierai quatre auteurs/metteurs en scènes de la même génération, reconnus des institutions et d’un large public : Olivier Py, Angelica Liddell, Wajdi Mouawad et Joël Pommerat, dont les oeuvres tournent, de manière schématique autour de ces problématiques : la ténèbre (La servante), la souffrance (Le syndrome de Wendy), l’origine généalogique du mal (Le sang des promesses) et le trouble quant à ses enjeux (La réunification des deux Corées). J’interrogerai dans ce corpus la notion de mal, entité conceptuelle double : souffrance et mal moral, selon la définition de Paul Ricoeur (Le mal, Labor et Fides, 1985). Prise dans la tension de ses différents noms - accordés par les artistes - et de ses propositions contraires et à travers un corpus envisagé de manière symptomatique, cette notion sera envisagée comme moyen d’accéder au caractère anthropologique. Le mal, selon la présence, les noms et les fonctions qu’on lui donne, son esthétique et sa dramaturgie (le mal pris comme radical ou moment d’une dialectique) produira une certaine idée de l’homme et permettra par là, sans doute, d’avancer des hypothèses quant à cette interrogation : à quoi cela répond-il chez le spectateur, pourquoi cela plait-il ? Cette approche génèrera des outils pour penser la singularité de ce type de théâtre dans la géographie de l’espace culturel à la charnière des XXème et XXIème siècles en dépliant les modalités de leurs aspects consensuels.


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