Modes d’inscription de l’héritage poétique dans le roman gidien : survivances du Symbolisme

par Pierre Mathieu

Projet de thèse en Litterature française

Sous la direction de Dominique Carlat.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 22-10-2014 .


  • Résumé

    Notre thèse se propose de contester la lecture moderniste et aujourd’hui prévalente de l’art romanesque gidien, en réhabilitant avec force l’influence de l’héritage symboliste dans son élaboration. Cette perspective, qui ne saurait se limiter à une relecture de l’histoire littéraire, est avant tout motivée par les interrogations sans cesse renouvelées que soulève l’écriture de la fiction chez cet auteur et ses héritiers. Pour saisir les modalités, les formes linguistiques et la portée de ce qui serait une « résonance symboliste » au cœur du roman, nous nous arrêtons sur l'instant capital que constituent Les Caves du Vatican, de ce point de vue, dans le paysage d'écriture gidien. Si notre étude ne se veut pas monographique et s'autorise à rayonner vers les autres grands pôles du romanesque de Gide – L'Immoraliste et Les Faux-Monnayeurs notamment –, le choix des Caves s'impose néanmoins comme moyen privilégié de questionner au cœur même de ce que la critique contemporaine a lu comme la tentative d'un roman d'aventure, au croisement du roman-policier et du feuilleton, la survivance d'une ambition antireprésentative. Le tout reste l’occasion d’interroger les ressorts de l'expérience poétique proposée par Gide dans la fiction, ou celle de la possibilité d'une lecture « aléthique », et ainsi peut-être proprement œdipienne : il nous faut accepter de perdre de vue le réel trompeur au profit de l'illusion vraie, de nous aveugler pour voir pleinement et pour accéder à une vérité conquise et non plus héritée. Associant justement le geste gidien à celui d'une « littérature d’expérience », Blanchot faisait de cette lucidité sur le caractère illusoire de toute littérature la valeur même de l’œuvre romanesque de Gide, adhésion qu'attestait la jeunesse symboliste de l'écrivain et qui pourrait, selon nous, accorder finalement toute sa singularité, voulue et non subie, aux romans de la maturité.


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