La sphère financière et les startups : évolutions des politiques publiques, financiarisation des jeunes entreprises et mutations des industries culturelles.

par Benoit Perrin

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Philippe Bouquillon.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Université Paris 13 (établissement de préparation) depuis le 10-09-2012 .


  • Résumé

    L’actualité socio-économique montre la forte importance qu’ont pris les termes « entrepreneuriat » ou « startup » dans les discours politiques et économiques. Sous l’impulsion des politiques publiques dans le cadre d’une idéologie de la « révolution entrepreneuriale », l’environnement financier dans lequel se développent les jeunes entreprises évolue. Basées sur un travail de terrain mené auprès de jeunes entreprises des TIC et s’inspirant particulièrement des travaux menés sur les industries culturelles en sciences de l’information et de la communication, ces recherches questionnent l'évolution et les enjeux des politiques publiques françaises en matière de soutien aux jeunes entreprises. Grâce à l’étude des différents dispositifs de soutien et de leur mise en complémentarité, nous montrons, dans la première partie, la place centrale que prend la sphère financière dans les conditions d’émergence des jeunes entreprises, avec un soutien réglementaire et financier majeur apporté par les politiques publiques. En nous appuyant sur les travaux menés sur la financiarisation des grandes entreprises, nous montrons que les mouvements de concentration touchent aussi les jeunes entreprises. Bien qu’il y ait des éléments de cohérence entre la financiarisation des grandes entreprises et le phénomène que nous mettons en lumière, ceux-ci se distinguent par le recours aux récits organisationnels comme facteurs d’objectivation. En étudiant la filière du jeu vidéo mobile et plus particulièrement une entreprise que nous avons accompagnée dans différentes campagnes de levée de fonds entre 2012 et 2015, la seconde partie de ce travail de thèse questionne l’impact de cette financiarisation sur le fonctionnement des jeunes entreprises. Nous mettons en lumière comment le recours à la sphère financière et la prédominance de l’idéologie de la valeur actionnariale pèse sur les stratégies des entreprises. Ainsi la financiarisation contraint les jeunes entreprises à l’adoption de modes de développement spécifiques et accentue les tendances industrialisantes. Les impacts de la financiarisation sur les jeunes entreprises semblent enfin dessiner les traits d’un idéal-type de la jeune entreprise financiarisée, une conception idéologisée de l’entreprise : la startup.

  • Titre traduit

    The financial sphere and startups : evolutions of public policies, financialization of young companies and changes in cultural industries.


  • Résumé

    The socio-economic actuality is filled with examples showing the importance that the words entrepreneurship and startups have taken in political and economic discourses. Driven by policy makers and influenced by the « entrepreneurial revolution” ideology, the financial framework in which young companies venture is evolving. Based on a study on young companies in the ICT sectors, and strongly inspired by the previous works on cultural industries, this research seek to question the stakes of an evolving French policy towards young companies. By studying various funding schemes and their complementarity, we show in the first section the central role that the financial sphere has taken in the conditions of young venture’s emergence, with a major financial support of public policy. Using academic research on financialisation, we show that concentration movements also apply to young companies. Although many elements plead for an important coherency between the financialisation of big companies and the phenomenon we point at, the financialisation of young companies seems to characterize itself by the use of growth narratives as objectivation factor. Through an analysis of the mobile game sector and more especially a company we adviced in various fundraising campaigns between 2012 and 2015, the second section questions the impact of financialisation on young companies’ development. We show how the recourse to the financial sphere and the dominance of the shareholder value ideology impacts the companies’ strategies. Therefore, financialisation forces young companies into the adoption of specific development strategies and emphasize the industrialization tendencies. In that study, appear the traits of an ideal-type of the financialised young company, an ideological conception of venture creation: the startup.