Les marqueurs linguistiques de rupture dans le discours politique postrévolutionnaire tunisien (2011-2014)

par Mohamed Amjed Zrida

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Jean-François Jeandillou.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , en partenariat avec MoDyCo, Laboratoire (laboratoire) depuis le 17-11-2014 .


  • Résumé

    Peut-on dire que la révolution tunisienne a réconcilié le citoyen avec la politique ? Telle fut la première question que nous nous sommes posée lors d’un café politique, des mois après le départ de Ben Ali, président de la Tunisie depuis 1987. La réponse pour autant ne semble pas évidente tellement le discours politique postrévolutionnaire paraît s’inscrire dans une rupture totale avec les aspirations d’un peuple assoiffé de liberté, de démocratie, et surtout de justice sociale. Du politiquement correct au tout pourri ! Par Rupture, nous entendons toute attitude/expression qui rompt avec les impératifs de tout espace politique : participation citoyenne active, interaction avec les politiques, liberté et formes d’expression communément admises. La Rupture sera donc envisagée en termes de cassure de contrat de confiance établi entre le politique et l’opinion publique, avec tout ce qu’elle engendre comme désintérêt, voire démission de l’action politique. Notre thèse se veut donc une démonstration des différentes lacunes/défaillances du discours politique postrévolutionnaire, une rupture dont les symptômes varient de l’indifférence chez certains jusqu’aux menaces de boycott des élections chez d’autres. En effet, le discours politique tunisien est VIOLENT et BINAIRE ! Tels seront nos deux vecteurs principaux dans l’étude des marques linguistiques de la rupture. Un premier examen du corpus a permis de décompter plein d’insultes, d’injures, de diffamation et de menaces produisant ainsi un discours nerveux et tendu ! La sollicitation du public à descendre dans la rue parachève la radicalisation du mouvement et le glissement de cette violence verbale de la classe politique vers la masse. Quant à la binarité du discours, elle se traduit linguistiquement par différentes dichotomies : considérées comme résultat d’un acte de langage, il en ressort les couples suivant vérité/mensonge, promettre/tenir, principe/pratique, info/intox, vérité/langue de bois …et plein d’autres dont nous démontrerons l’effet néfaste sur la réception des discours, et donc sur la représentation du politique et de la démocratie. Nous verrons en quoi cette binarité contribue-t-elle à la dilution de l’action politique, à sa banalisation. Cadre théorique Notre travail s’inscrit essentiellement dans le cadre de l’analyse de discours dans ses différentes dimensions. Etant difficile à circonscrire comme cadre théorique, son objet demeure complexe et multiforme, convoquant à son tour plusieurs types d’approches : sémantique (sens des unités de discours), énonciative (conditions de sa production), rhétorique (procédés discursifs)…etc. De ce fait, polyphonie, argumentation, actes de langage, analyse textuelle définiront notre boite à outil, l’objectif étant d’élaborer un travail qui s’inscrit essentiellement dans le linguistique. Démarche et Corpus Afin que le corpus soit exhaustif et représentatif, nous considérons comme discours politique tout discours qui aborde la politique et dont la source est principalement un acteur politique reconnu, qu’il soit homme politique, journaliste, membre de la société civile ou autre. L’évaluation des résultats de nos recherches prendront appui sur l’analyse de tout discours dont le contenu aborde la politique essentiellement produit par le citoyen lambda. Notre corpus se forme pour l’écrit de communiqués de presse, motions de congrès, discours de campagnes, entretien, twitt, post sur facebook, flyers et tout autre support de communication ! A l’oral, nous nous intéresserons à tous les passages des politiques dans les médias : télé et radio. Cette approche relève d’une conviction que le choix des médias, le type d’émission, sa mise scène sont autant de facteurs pertinents pour le politique et pour le message/image qu’il construit, qu’il cherche à communiquer !


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