Phénomène, sens et sunstrat - pour une métaphysique phénoménologique

par Beat Michel

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de François-David Sebbah et de Kasel Novotny.

Thèses en préparation à Paris 10 en cotutelle avec l'Université Charles de Prague , dans le cadre de Ecole doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , en partenariat avec IREPH - Institut d'Etudes et de Recherche Philosophique, Laboratoire (laboratoire) depuis le 12-12-2014 .


  • Résumé

    Le problème que je me propose d'aborder dans le cadre de ma thèse est le suivant : comment concilier une ontologie de la subjectivité avec une vision unifiée de la réalité. Peut-on concevoir une subjectivité irréductible à l'objectivité mais faisant partie d'une réalité qui comprend également le monde objectif. Une vision unifiée de la réalité est-elle possible dans le cadre de l'objectivité ? Jusqu'où peut-on faire abstraction de la réalité objective, dans une ontologie phénoménologique. La première position consiste à postuler que tout est objectivable. Cette position ne conteste pas qu'il existe des points de vue individuels mais affirme que ceux-ci peuvent être décrits de manière objective. Peut-on, à l'inverse, considérer la subjectivité en soi sans inscrire celle-ci dans une vision de l'unité de la réalité ? C'est, en quelque sorte, le geste fondateur de la phénoménologie, l'époché : faire abstraction de la réalité objective en la réduisant aux phénomènes purs. Un monisme objectiviste est confronté au problème de contenus, les êtres conscients, qui lui sont étrangers, tandis qu'une ontologie phénoménologique a une tendance naturelle à déborder les limites qu'elle s'est imposées au départ. Il faut donc tenter d'appréhender les deux réalités ensemble. La caractéristique de l'articulation entre réalités objective et subjective est d'être circulaire. Cette circularité, schématiquement, est celle d'êtres conscients qui pensent un monde dans lequel ils sont eux-même inclus. La circularité est propre à l'idée même d'unité de la réalité dès lors qu'on y inclut la subjectivité. Quel est le rôle du corps dans cette problématique ? Celui-ci apparaît comme une sorte de limite, de barrière ou même d'impasse, dans deux approches opposées. Quelle est l'importance de la notion de matière dans ce contexte ? La relation hylémorphique apparaît au cœur de la phénoménologie husserlienne pour exprimer le rapport entre la sensation brute, dans un sens large, et le corrélat intentionnel.Le hylémorphisme aristotélicien, développé dans les livres de la substance de sa Métaphysique, semble avoir été progressivement abandonné dans le cours de l'histoire de la philosophie. Il est même parfois présenté comme une de ces idées obsolètes appartenant à une métaphysique dogmatique. Pourtant, la relation hylémorphique correspond à notre expérience pratique. Par ailleurs, le concept de survenance, très en vogue dans la philosophie de l'esprit, est essentiellement une version moderne du hylémorphisme aristotélicien. La référence à Husserl est indispensable pour parler de la subjectivité. Les arguments de Husserl en faveur de l'idéalisme transcendantal me paraissent tout-à-fait convaincants. Mais on sait aussi que Husserl s'est désintéressé du versant hylétique de la phénoménologie, une fois la distinction hylé vs morphé établie. La force de l'œuvre de Michel Henry est d'avoir mis en évidence l'affectivité en tant que réalité en elle-même. Mais Henry réduit immédiatement l'affectivité à une immanence radicale. Pourtant aucune des caractéristiques que Henry attribue à l'affectivité -- passivité, absence de distance, autonomie par rapport à l'intentionnalité -- n'est dépendante de l'idée d'immanence radicale. Je vois l'idée de transcendance matérielle comme un développement nécessaire à partir de la phénoménologie matérielle henryenne. La philosophie de l'esprit a souvent le mérite de poser les problèmes de manière très claire. C'est le cas autour de la question de savoir si la conscience phénoménale, et donc la subjectivité irréductible, existe ou non. Le problème que Nagel expose au tout début de The View from Nowhere est assez proche de celui que j'ai mis au début de ma propre argumentation : Comment combiner la perspective d'une personne particulière dans le monde avec une vision objective de ce même monde, comprenant cette personne et son point de vue.


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