Sébastien Le Clerc. Arts et sciences au siècle de Louis XIV

par Antoine Gallay

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Philippe Hamou et de Jan Blanc.

Thèses en préparation à Paris 10 en cotutelle avec l'Université de Genève , dans le cadre de Ecole doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , en partenariat avec IREPH - Institut d'Etudes et de Recherche Philosophique, Laboratoire (laboratoire) depuis le 09-02-2015 .


  • Résumé

    Ce projet s’articule à la croisée de l’histoire de l’art et de l’histoire des sciences. Il se propose de considérer les discours, expériences, images et instruments développés à Paris entre 1660 et 1690 pour repenser la perspective tant dans son acception scientifique – la perspective naturelle comme science de la vision – que dans son acception artistique – la perspective artificielle comme science de la représentation. En cette période, l’institutionnalisation naissante des pratiques artistiques et scientifiques (à travers l’Académie royale de peinture et de sculpture et l’Académie royale des sciences) accentue nécessairement la délimitation des deux domaines d’activités. Cependant, on estime encore trop souvent les milieux scientifiques et artistiques de cette période comme des réseaux d’acteurs clairement distincts dont les problèmes et les tentatives de résolution répondent à des buts différents. Quand ils s’intéressent à la vision, les artistes penseraient uniquement en termes de moyens de représentation (quelle méthode perspective adhère-t-elle la plus efficacement à notre perception du monde?), alors que les savants se concentreraient sur la compréhension du fonctionnement de la vision (pourquoi voyons-nous le monde de cette manière et quelle méthode d’investigation privilégier pour nous permettre d’en comprendre le fonctionnement?). La réalité est autrement plus complexe. Ce projet se propose d’étudier un réseau de discours sur la perception rapprochant quatre figures encore largement négligées par les historiens, les graveurs Grégoire Huret et Sébastien Le Clerc, l’académicien Edmé Mariotte et le savant capucin Chérubin d’Orléans. Ce réseau autour duquel gravitent les plus importantes figures de l’époque – Louis XIV, Colbert, Malebranche, Charles Le Brun, Christiaan Huygens – révèle un problème d’une importance capitale pour la compréhension du phénomène de la perception visuelle. Ce qui apparaît au travers de ces discours, pratiques, images et objets, c’est la mise en lumière des limites de la formalisation géométrique de la vision – c’est-à-dire l’ensemble des règles basées sur les axiomes euclidiens, développés en Occident à partir de sources arabes par Roger Bacon, Blaise de Parme, Alberti, Dürer, Maurolico, Kepler ou encore Desargues. Parmi les figures que je me propose d’étudier, certaines vont défendre coûte que coûte une approche géométrique adhérant à l’expérience visuelle – poursuivant ainsi la tradition mathématique de la perspective – alors que d’autres, confrontés de manière plus pressante aux limites épistémiques du modèle, tenteront de développer des méthodes et des techniques alternatives, empiriques, voire expérimentales


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