« L'égalité abstraite est acquise mais l'inégalité concrète existe ». Étude du sexisme ordinaire par la dissonance cognitive

par Marion Fossier

Projet de thèse en Psychologie Sociale

Sous la direction de Patrick Gosling.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , en partenariat avec LAPPS - Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale, Laboratoire (laboratoire) depuis le 27-10-2014 .


  • Résumé

    On constate dans nos sociétés occidentales la coexistence entre une norme sociale d’égalité entre les sexes avec une réalité sociale qui ne correspond pas à cette norme, sur le plan des stéréotypes et des préjugés sexuels. L’idée générale est que cette coexistence de la norme sociale d’égalité avec l’existence d’une discrimination liée au sexe est susceptible d’entraîner chez les individus une dissonance cognitive. La plupart du temps, cette discrimination et ces préjugés dévalorisent les femmes et les handicapent vis-à-vis des hommes, par exemple dans le domaine du travail au niveau des postes de direction ou des salaires. Néanmoins, un sexisme minoritaire, des femmes envers les hommes, pourrait lui aussi être mis en évidence. Pour mettre en évidence ces phénomènes en utilisant la dissonance cognitive, différents paradigmes pourront être utilisés : l’essai contre-attitudinal, les attentes non confirmées, la dissonance vicariante, le paradigme de l’hypocrisie ou encore le conflit de valeurs.. L’objectif est de proposer des modes de réduction susceptibles de mettre en évidence les stéréotypes et les préjugés, mais aussi éventuellement de les réduire. Nous donnons ci-dessous des exemples de méthodologie. La dissonance pour un homme pourra venir du fait d’avoir à rédiger un essai contre-attitudinal en cherchant des arguments en faveur de l’idée qu’une femme ferait une meilleure présidente de la République qu’un homme et, pour une femme, de plaider l’inverse à propos d’un métier stéréotypé comme féminin (nourrice). Le changement d’attitude en faveur de la norme d’égalité serait attendu. En utilisant le paradigme de l’hypocrisie, qui est fondé sur l’écart entre la norme et les comportements transgressifs, on pourra demander à des hommes versus des femmes de se rappeler des comportement sexistes (appréciations dévalorisantes dans le travail par exemple), puis de leur proposer un comportement pro-normatif en faveur de l’autre sexe comme réduction de la dissonance. La dissonance vicariante pourra être provoquée en confrontant des observateurs au comportement d’un acteur effectuant un comportement contre-stéréotypé (féminin pour un homme et masculin pour une femme) susceptible de susciter de la dissonance chez l’observateur par identification à un acteur de même sexe. Le changement d’attitude ou de comportement par identification à l’acteur pourrait alors amener l’observateur à diminuer l’impact des stéréotypes comportementaux. Enfin, en reprenant la notion de conflit de valeurs évoquée par Abelson, on pourra susciter une dissonace à partir de scénarios évoquant un conflit entre par exemple, la valeur d’égalité (au moyen de la parité) et celle d’équité liée à la notion de mérite, en proposant un mode de réduction au moyen de la transcendance, c’est-à-dire une troisième valeur susceptible d’englober les deux premières (la justice sociale).


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