Contexte sociolinguistique de la surdité en France et didactisation de la pluralité linguistique : le rôle de la langue des signes dans la construction identitaire de l'enfant sourd profond

par Pauline Rannou

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de , Ye Wang et de Gudrun Ledegen.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Ce travail de recherche s’articule autour de deux thèmes centraux dans le domaine de la surdité en France. D’une part, la langue des signes et sa communauté, les Sourds ; d’autre part, l’aspect médical de la surdité et l’implant cochléaire qui s’inscrit dans un projet de réparation d’une oreille déficiente. Cette recherche se focalise sur les enfants sourds profonds de naissance, pour qui la question de l’implant se pose très rapidement après l’annonce du diagnostic de surdité. Pour les personnes Sourdes - c’est-à-dire qui communiquent en langue des signes - la surdité profonde est vécue comme une appartenance et non comme un handicap ou un désordre. Pour la plupart des parents entendants en revanche (qui constituent 95% des situations familiales où un enfant sourd naît), un enfant sourd profond est un enfant avec qui ils ne pourront pas communiquer jusqu’au moment de l’implantation. Ces parents ne vivent pas la surdité sous l’angle d’une communauté linguistique ayant des revendications. Ils souhaitent corriger le handicap de leur enfant, pour lui permettre d’entrer dans la communication orale et la langue des signes est très souvent perçue comme un frein à la réussite de l’implant et donc à l’intégration sociale. Ces parents vivent souvent des situations de souffrance extrême et voient dans l’implant cochléaire, la possibilité de gommer la surdité, de rendre à nouveau possible la transmission d’émotions par une communication verbale. Mon travail ambitionne d’être une passerelle entre ces deux représentations de la surdité. Il se place dans le cadre d’une recherche-action permettant une adaptation de la place de la langue des signes dans les dispositifs éducatifs et rééducatifs (ORL, orthophonie) en France, en prenant appui sur les outils mis en place dans le cadre du plurilinguisme langue des signes-oral dans différents pays (Suède, Italie, Belgique).


  • Pas de résumé disponible.